Pineau, tout simplement

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Pineau, tout simplement
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GIRO - Le Français a soufflé la victoire aux sprinters, lors de la 5e étape.

GIRO - Le Français a soufflé la victoire aux sprinters, lors de la 5e étape.Enfin une journée tranquille. Voilà sans doute le sentiment général du peloton à l'issue de la cinquième étape du Tour d'Italie courue ce jeudi entre Novare et Novi Ligure. Après les chutes et les bordures aux Pays-Bas et la pluie lors du contre-la-montre par équipes de Cuneo, les coureurs se sont accordés un parcours de transition sans heurt, sous un soleil inattendu puisque des averses étaient initialement prévues tout au long des 162 kilomètres de course. Mais depuis le départ d'Amsterdam, les surprises ont émaillé la course. Il en fallait bien une ce jeudi et c'est de la roue de Jérôme Pineau qu'elle est sortie. Le coureur de la Quick Step a résisté au retour du peloton pour remporter l'une des plus belles victoires de sa carrière, sa première sur un grand Tour.Avec son maillot rose de leader du classement général sur les épaules, Vincenzo Nibali souhaitait lui aussi ne pas puiser dans ses réserves. "J'ai une responsabilité supplémentaire maintenant mais je ne suis pas inquiet parce que mon équipe est très forte. J'espère seulement passer une journée tranquille", avait déclaré ce matin l'Italien de la Liquigas. Une volonté assouvie grâce à une course contrôlée en début d'étape par ses coéquipiers avant qu'ils ne laissent la main aux formations de sprinteurs. Sous l'impulsion de la Garmin et de la Columbia, la chasse s'organisait à 30 kilomètres de l'arrivée pour revenir sur les quatre échappés, parmi lesquels figuraient deux Français, Julien Fouchard (Cofidis) et Jérôme Pineau (Quick Step), accompagnés par Yukiya Arashiro (Bbox) et Paul Voss (Milram).Première victoire depuis six ans pour PineauL'Allemand passait d'ailleurs en tête de la deuxième difficulté de la journée, le Passo Coppi, en hommage à Fausto Coppi, l'illustre coureur italien dont le 50e anniversaire de la mort est célébré cette année. Avec près d'1'30 d'avance à 13 kilomètres du but, les trois fuyards, Voss ayant lâché auparavant, se prenaient encore à croire en une victoire d'étape. Une perspective que ne goûtait pas vraiment le peloton, lancé à plus de 60 km/h sur les petites routes du Piémont vers Novi Ligure. Avec 30 secondes de marge et cinq kilomètres à combler, le coup était encore jouable, d'autant que la tête du peloton semblait légèrement désorganisée. Une impression confirmée à l'entrée de la dernière ligne droite. Greipel, Farrar et Petacchi se retrouvaient sans poisson-pilote pour les lancer, si bien que la mécanique de précision que constitue un sprint se grippait.Une aubaine pour les trois hommes de tête qui ne relâchaient pas leur effort. Arashiro trop court, Pineau s'expliquait donc avec Fouchard, qui découvre le peloton professionnel cette saison. Et comme souvent, l'expérience prenait le pas sur la jeunesse. L'ancien coureur de la formation Bouygues Telecom sortait de la roue de son compatriote au bon moment avant de lever les bras. Farrar échouait quelques secondes derrière lui. Avec cette victoire, Pineau met fin à six ans de disette. Son dernier succès remontait à Paris-Bourges en 2004. Quant à une victoire tricolore sur le Giro, il faut revenir cinq ans en arrière et le triomphe de Christophe Le Mével à Varazze.