Parker version Paris

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Parker version Paris
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Pour son retour en Pro A, avec le maillot de l'Asvel sur les épaules, Tony Parker affronte Paris-Levallois, vendredi soir lors de la 2e journée. Un joli clin d'oeil pour le meneur villeurbannais, qui avait quitté la France après deux saisons passées dans la capitale. Dix ans après son départ pour les Spurs, Ron Stewart et Cyril Julian se souviennent du "TP" de l'époque.

Pour son retour en Pro A, avec le maillot de l'Asvel sur les épaules, Tony Parker affronte Paris-Levallois, vendredi soir lors de la 2e journée. Un joli clin d'oeil pour le meneur villeurbannais, qui avait quitté la France après deux saisons passées dans la capitale. Dix ans après son départ pour les Spurs, Ron Stewart et Cyril Julian se souviennent du "TP" de l'époque. Certains diront que c'est le destin. Dix ans après avoir quitté le championnat de France avec le Paris Basket Racing, par une défaite contre Villeurbanne en quarts de finale des playoffs, Tony Parker est de retour en Pro A. Et devinez quoi ? Il débutera vendredi soir par un match entre l'Asvel et Paris-Levallois, cette fois sous les couleurs rhodaniennes. Un come-back qui, aujourd'hui, fait du bruit. Car depuis sa draft par les San Antonio Spurs, en 2001, "TP" a tout gagné en NBA. Mais à l'époque, malgré son talent précoce, peu de gens le croyaient capable d'aller aussi loin, aussi haut. "Il était déjà volontaire, il arrivait toujours à l'heure, il était très à l'écoute et respectueux des anciens. On le connaissait peu mais on savait le rayonnement qu'il avait eu à l'Insep et que ce n'était pas n'importe quel joueur, se souvient Cyril Julian, pivot du PBR entre 1998 et 2000. Après, qu'il devienne une star en NBA et MVP des finales, non, on ne s'en doutait pas." Il faut dire que l'ancien international français, médaillé d'argent aux Jeux Olympiques de Sydney avec les Bleus, n'a connu Tony Parker que lors de sa première saison à Paris, en 1999-2000. Pas la plus aboutie. "TP" n'avait que dix-sept ans et devait se contenter d'un rôle de doublure de l'expérimenté Laurent Sciarra. Mais il était déjà choyé. "Il est arrivé tout frais de l'Insep, raconte Cyril Julian. C'était déjà un très bon joueur et je l'ai un peu pris sous mon aile pour qu'il s'intègre bien à l'environnement du club. Je lui ai expliqué les ficelles du métier, je l'ai protégé aussi. J'avais eu une discussion avec Charles Biétry (président du club à l'époque, ndlr) et, comme c'était un peu moi l'intimidateur dans l'équipe, j'étais plus ou moins chargé de sa protection pour éviter que quelqu'un le touche. Nos adversaires comme nos coéquipiers, à l'entraînement. Ça, c'était mon business..." Dans l'ombre de Sciarra... Si son rayonnement était alors modeste sur le terrain (3,9 points et 1,7 passe en 10 minutes), Tony Parker savait que son heure viendrait. Que Laurent Sciarra lui ait mené la vie dure au début aurait pu le déstabiliser. Ça l'a au contraire renforcé. "Peut-être que ça lui donnait encore plus faim, estime Ron Stewart. C'est aussi frustrant pour un joueur de cette qualité mais tous les jeunes joueurs doivent en passer par là, en espérant qu'on leur fasse à leur tour confiance." L'actuel assistant de Christophe Denis sur le banc de Paris-Levallois est le mieux placé pour le dire car c'est lui qui, en 2000-2001, a vraiment lancé le natif de Bruges après le départ de Laurent Sciarra à l'Asvel. "J'en ai fait mon meneur titulaire alors que je ne l'avais vu jouer qu'une seule fois avec l'Insep, explique-t-il. Mais je n'ai pas pris un vrai risque parce que je savais qu'il avait du talent, un gros coeur, et qu'il jouait pour gagner, pas pour s'amuser. Dans tous les grands rendez-vous, il était toujours à la hauteur voire au-dessus de tout le monde. Et ça ne changeait rien du tout qu'il ait dix-sept ou dix-huit ans." Assuré de distribuer le jeu au Paris Basket Racing, Tony Parker a du coup pris confiance en lui. Et ses statistiques ont subitement grimpé en flèche (14,7 points, 5,6 passes et 2,7 rebonds en 33 minutes, pour 16,6 d'évaluation). Une star était née. Lui qui ne rêvait que de NBA était fin prêt pour la grande traversée. San Antonio en a profité, les Spurs ayant remporté trois nouveaux titres (2003, 2005, 2007). "C'est sa capacité à enchaîner les entraînements, à assumer la charge de travail au quotidien qui a fait ce qu'il est devenu, assure Cyril Julian. Et puis, mine de rien, il a beaucoup appris au contact de Laurent Sciarra..." Ron Stewart, lui, s'attendait à ce qu'il s'intègre aussi vite au sein de l'effectif texan. "Ça ne m'a pas vraiment surpris, même s'il s'est très vite imposé, dit-il. Il est arrivé au bon endroit, au bon moment, avec deux grands joueurs (David Robinson, Tim Duncan) et un entraineur (Gregg Popovich) qui lui faisait confiance." Et son talent a parlé pour lui.