Ntamack: "Il faut faire avec..."

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Ntamack: "Il faut faire avec..."
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Si on voulait résumer, on dirait que Didier Retière a beaucoup moins de travail qu'Emile Ntamack à un an de la Coupe du monde. L'entraîneur des lignes arrière du XV de France en convient: le chantier est encore important derrière, la faute notamment à un manque de continuité dans la performance de certains joueurs ou de travail pour les autres. Mais l'ancien Toulousain reste confiant, loin d'être catastrophé par l'avance prise par les Blacks.

Si on voulait résumer, on dirait que Didier Retière a beaucoup moins de travail qu'Emile Ntamack à un an de la Coupe du monde. L'entraîneur des lignes arrière du XV de France en convient: le chantier est encore important derrière, la faute notamment à un manque de continuité dans la performance de certains joueurs ou de travail pour les autres. Mais l'ancien Toulousain reste confiant, loin d'être catastrophé par l'avance prise par les Blacks. Pour le staff, les incertitudes restent nombreuses concernant les lignes arrière... Oui, les incertitudes les plus grandes se posent à l'arrière. S'il y a beaucoup de mouvance ces derniers temps, c'est parce qu'on n'a pas trouvé de la continuité dans la performance de certains joueurs, qui partent, qui reviennent... Ils sont sujets à leur état de forme, à leurs productions sur le terrain aussi qui ne sont pas toujours en corrélation avec nos attentes, c'est pour ça qu'il y a beaucoup de turnover aujourd'hui. On aurait aimé bien sûr installer des joueurs bien en amont mais on ne peut pas rester hermétiques à la bonne forme de certains qui viennent bousculer la hiérarchie. Est-ce inquiétant de ne pas avoir les mêmes certitudes que devant à moins d'un an désormais de la Coupe du monde ? Je ne me pose pas cette question de savoir si c'est inquiétant ou non. Il faut faire avec. On a de la chance que ce soit plus facile sur d'autres postes où on a des joueurs plus performants et plus constants. Ça serait l'idéal d'avoir un groupe complet à cette image mais n'est-ce pas utopique ? La question se pose sur les lignes arrières. Souhaitons que certains se révèlent et soient performants dans la durée pour régler le problème. C'est ce que l'on attend. Vous attendez notamment beaucoup de Mathieu Bastareaud. Pourquoi n'est-il pas dans la liste ? Mathieu Bastareaud, on l'a pris très tôt avec nous par rapport à son potentiel, pour montrer que c'était un garçon sur lequel on voulait s'appuyer, c'est un joueur sur lequel on compte énormément. Maintenant, il s'est rendu compte avec nous qu'il avait certains secteurs de jeu, pas seulement technique, mais aussi tactique et physique à travailler. Et il est en retard sur ces efforts à montrer. Le but n'est pas de le mettre dans un contexte difficile mais au contraire de le mettre dans les meilleures conditions possibles. "Mathieu (Bastareaud) sait très bien ce que l'on attend de lui" Les mots ne suffisaient pas ? La sanction était-elle inévitable ? Mathieu a fait partie de l'aventure jusqu'à présent avec nous. Le crédit était pour lui puisqu'il était des nôtres lors du Tournoi. Mais il n'y a pas eu d'évolution par rapport au discours qu'on lui tenait déjà à l'époque. Aujourd'hui, on a va faire en sorte de travailler avec des joueurs qui nous prouvent eux qu'ils sont motivés et qu'ils ont envie de faire ces efforts-là. Mais je le répète, la porte n'est pas définitivement fermée. Mathieu sait très bien ce que l'on attend de lui. A lui de faire les efforts nécessaires et il n'y aura pas de raison qu'il ne revienne pas avec nous. Julien Arias, Yoann Huget et Fabrice Estebanez ont-ils une vraie carte à jouer pour la Coupe du monde ? On a toujours tout à gagner d'être dans un groupe. Au moins, ils peuvent s'exprimer, ils peuvent montrer ce qu'ils valent. Et comme rien n'est acquis, ils ne peuvent que marquer des points. Marc Lièvremont soulignait dernièrement l'avance prise par les nations du sud, notamment par la Nouvelle-Zélande, cette année. Cet écart est-il rédhibitoire ? L'écart est là parce qu'ils ont la capacité à travailler beaucoup plus longtemps que nous, sur un groupe présent depuis longtemps, avec des joueurs plus frais... Maintenant, on ne va pas se poser indéfiniment la question de savoir s'il y a un écart ou non. On sait que dans moins d'un an maintenant on sera en Nouvelle-Zélande, on sera soumis à eux et à d'autres nations très fortes. Le but est d'être compétitif comme eux. Donc on va travailler dans ce sens pour, s'il y a écart, le réduire et même faire en sorte de l'inverser. "Pour avancer, ce n'est pas toujours un long fleuve tranquille" Avez-vous, comme a pu le dire Marc Lièvremont, aussi l'impression d'avoir perdu du temps depuis un an et demi en revenant à un rugby plus pragmatique, basé sur une conquête forte ? Non, je crois qu'on n'a rien perdu. Pour avancer, ce n'est pas toujours un long fleuve tranquille. C'est de l'adaptation en permanence. Il y avait aussi des objectifs que l'on voulait remplir, notamment remporter le Tournoi des VI Nations comme c'était le cas l'an dernier. On a fait preuve de pragmatisme, en fonction des joueurs que l'on avait, mais aussi par rapport à leur forme, par rapport à nos capacités de mettre en place ou pas ce jeu de mouvement. En tout cas, dans l'état d'esprit du staff, il y a eu la volonté de mettre en place du jeu, du déplacement. Maintenant, le mettre en pratique à chaque sortie, c'est une autre paire de manches. Mais je ne crois pas qu'on ait pris du retard. Les joueurs savent que notre exigence est très élevée mais qu'on est aussi là pour gagner et qu'il faut aussi s'adapter à ce qu'on est capable de produire et ce qu'est capable de produire l'adversaire. S'il s'en est depuis expliqué, rappelant qu'il n'était que l'expression de son ambition, l'entretien tenu par Marc Lièvremont dans les colonnes de Sud Ouest a pu paraître très pessimiste. Puisque c'est toujours bon de l'entendre, êtes-vous confiant pour la Coupe du monde ? Je ne vois pas en quoi son discours était négatif. Mais être positif, bien sûr, je le suis de nature. Je n'attends qu'une chose, c'est de retrouver les joueurs dans quelques jours. On a des combats à mener, avec un groupe que l'on a défini. Ça n'a pas été facile mais on attend des joueurs qui vont nous rejoindre qu'ils aient la patate comme on dit. En tout cas, on va faire en sorte de les mettre dans les meilleures dispositions. Sans se projeter encore sur la Coupe du monde, on va essayer de s'affranchir de cette tournée de novembre, c'est-à-dire de la remplir le mieux possible et pour qu'elle soit remplie, c'est de gagner les trois matches, c'est ce que l'on attend de nos joueurs. Il va falloir vite se remettre en phase, avec des systèmes à répéter et des nouveaux à intégrer. On compte sur leur fraîcheur, sur leur envie de porter ce maillot de l'équipe de France. On commence par cette tournée avant d'enchaîner sur le Tournoi des VI Nations pour finir le mieux possible avec la Coupe du monde. Mais bien sûr, je suis confiant parce que je sais qu'on a un gros potentiel, qu'on possède des joueurs intelligents et compétiteurs. Et une telle aventure, on n'a pas envie de la rater. Donc pour ne pas la rater, il faut donner le maximum. Et ça je n'en doute pas.