Les clubs devront-ils payer le prix de la sécurité ?

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Les clubs devront-ils payer le prix de la sécurité ?
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FOOTBALL - Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, envisage de faire participer les clubs aux dépenses liées à la sécurité autour des matches.

Toujours mobilisé contre la supression du DIC, le monde du football professionnel connait un nouveau motif de grogne alors que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, envisage la possibilité d'obliger les clubs à participer à l'effort financier mis en place pour assurer la sécurité autour des matches en dehors des stades. La menace d'une grève plane déjà...L'hiver promet d'être rude. Après la suppression du DIC, votée par le Sénat mais repoussée à juin 2010, les clubs de Ligue 1 pourraient de nouveau affronter les rigueurs du gouvernement. Brice Hortefeux a annoncé, mardi, réfléchir à la possibilité de faire participer les clubs de football à l'effort financier déployé pour assurer la sécurité autour des matches en dehors des stades."J'estime qu'il serait légitime que les clubs supportent le coût réel des moyens publics mobilisés", a indiqué le ministre de l'Intérieur lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale alors qu'il était interrogé par un député sur les violences commises dans le cadre de matches de football. "C'est en moyenne onze forces mobiles qui sont mobilisées par journée de championnat. Lorsqu'un match s'avère à haut risque, on en mobilise plus. Cela a été le cas pour le match OM-PSG avec 17 unités", a poursuivi Brice Hortefeux rappelant au passage la récente création de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme chargée de répertorier les supporters violents afin de leur empêcher l'accès aux stades.Le projet semble en tous cas déjà bien avancé au point que l'ancien ministre du Travail évoque déjà les modalités de sa mise en place. "Avec Roselyne Bachelot (ministre des Sports, ndlr), nous saisirons très prochainement le président de la Ligue de football pour mettre au point des modalités de tarification mieux adaptées à la réalité des coûts".Louvel: "On prend vraiment le football pour une vache à lait"Une décision qui devrait faire l'effet d'une bombe auprès des clubs déjà signataires d'une convention nationale pour la sécurité par le passé. Lors de la rencontre entre Marseille et le Paris Saint-Germain, initialement prévue le 25 octobre mais reportée au 20 novembre dernier, les deux clubs concernés ont dû débourser pas moins de 400 000 euros chacun, selon une information du Parisien, afin d'assurer la mobilisation des forces de l'ordre, des stadiers et l'acheminement des supporters vers le Vélodrome.Un effort que Jean-Claude Dassier avait jugé plus que conséquent dans les colonnes du quotidien. "Je ne suis pas ministre de l'Intérieur mais je constate qu'on ne peut pas continuer à mobiliser autant d'escadrons de CRS ou de gardes mobiles pour faire des matches de football. Tout cela coûte en plus, je vous rappelle qu'on en paye une bonne part", s'était indigné le président de l'OM.Déjà mobilisé contre la suppression du DIC, Jean-Pierre Louvel, président de l'Union des clubs professionnels de football, est lui aussi monté au front sur l'antenne de France Info, mardi. "Actuellement on est en train de vouloir faire payer aux clubs de football un peu tout. Après le DIC, la taxe Buffet... On prend vraiment le football pour une vache à lait !" Et le dirigeant de faire peser la menace d'une possible grève des clubs. "Si on veut nous pousser à aller plus loin, effectivement là on sera comme d'autres branches professionnelles dans l'obligation de réagir car ce sera une question de vie ou de mort. Jusqu'ici nous l'avions écarté, nous avions souhaité avoir des positions dans un premier temps plus proche d'un dialogue mais, si à force de dispositions, on nous pousse à bout, on sera peut-être obligé d'en arriver là."