Le coaching qui gagne

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Le coaching qui gagne
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Détonateurs d'une équipe de France qui, à défaut de sembler pouvoir s'imposer, paraissait résignée à jouer le match nul face à la Roumanie samedi, au Stade de France, Loïc Rémy, Dimitri Payet et Yoann Gourcuff auront offert la victoire (2-0), qui permet aux Bleus de s'emparer de la tête de leur groupe dans ces éliminatoires de l'Euro 2012. Pour le Marseillais, comme pour le Stéphanois, le bénéfice est incontestable.

Détonateurs d'une équipe de France qui, à défaut de sembler pouvoir s'imposer, paraissait résignée à jouer le match nul face à la Roumanie samedi, au Stade de France, Loïc Rémy, Dimitri Payet et Yoann Gourcuff auront offert la victoire (2-0), qui permet aux Bleus de s'emparer de la tête de leur groupe dans ces éliminatoires de l'Euro 2012. Pour le Marseillais, comme pour le Stéphanois, le bénéfice est incontestable. Un peu plus d'un mois après les débuts ratés de l'ère Blanc face à la Biélorussie (0-1), l'équipe de France a fait son choix. A l'heure d'entrer dans le dernier quart d'heure de ce France-Roumanie, qui pourtant en cas de victoire tricolore, peut leur donner les commandes du groupe D, les Bleus, dont la défense commence à tanguer dangereusement au fil des minutes, jouent ouvertement le partage des points avec leur adversaire du soir. Tant pis pour la tête du classement et tant pis pour la fin espérée du syndrome Stade de France, qui depuis presque un an et une victoire sur l'Autriche (3-1, le 14 octobre 2009), veut que l'équipe de France ne s'impose plus dans son stade... Une résignation à laquelle les remplaçants tricolores ne vont cependant pas céder. Alors qu'il a reconduit au coup d'envoi son système en 4-3-3, qui lui a donné tant de satisfactions lors de la dernière victoire en Bosnie (1-0), et confié les clés de la maison bleue à Samir Nasri, préféré à Yoann Gourcuff, Laurent Blanc bat le rappel de son banc. Un coaching plus que gagnant puisque un à un les trois nouveaux venus dans le secteur offensif vont se montrer décisifs. Pour le plus grand plaisir du sélectionneur. "On a fait rentrer des joueurs frais qui ont pris des risques et qui ont marqué des buts donc c'est bien, se félicite-t-il peu après le coup de sifflet final au micro de TF1. Ça fait plaisir de voir entrer des joueurs, de leur dire de prendre des risques et que ça se réalise. Je crois que le petit Payet en est l'exemple-type ce soir." Wenger: "La preuve d'un gros mental" Dimitri Payet comme un symbole. Irrésistible sur le front de la Ligue 1, dont il est le meilleur buteur avec sept buts inscrits en huit journées, le jeune Stéphanois, malgré ses 23 ans, a mordu dans ce match sans la moindre retenue, ni arrière-pensée, remplaçant d'un Karim Benzema atone et en manque de rythme à force de jouer les intermittents au Real (86e). Le syndrome du Stade de France ? Pas son histoire et le buteur, passé ce soir du vert au bleu, ne se pose aucune question. Ces quatre petites minutes, ses premières en sélection, il en fait un festival. Trop précieuses. D'abord sur ce déboulé plein de fougue qu'il conclue d'une frappe croisée du droit, qui oblige le géant Pantelimon à se coucher péniblement (90e). Mais que dire de cette série de passement de jambes, puis de cette feinte de frappe avant de servir plein de sang froid Yoann Gourcuff, autre rentrant à la place de Nasri (74e), pour le but du Lyonnais, qui scelle la victoire française (2-0, 90e+3) ! Il faut dire que Payet a été bien inspiré par l'entrée quelques minutes plus tôt d'un Loïc Rémy tout aussi déchaîné. Le Marseillais succède dans ce match crispant à son coéquipier de l'OM, Mathieu Valbuena. Après sa titularisation avortée par une blessure contractée dès la demi-heure de jeu face à la Biélorussie, l'ancien Niçois a une faim de loup. Quatorze minutes après son entrée en jeu et le voilà qui part sur un service d'Alou Diarra... au-delà de la limite du hors-jeu, sans que l'arbitre ne le signale, et vient battre le portier roumain d'une frappe croisée du droit imparable dans le petit filet (1-0, 83e). "J'aime bien les joueurs qui marquent dans ce genre de matches bloqués à 0-0, c'est la preuve d'un gros mental", commente sur TF1 Arsène Wenger qui, pour avoir eu sous ses ordres quelques fines gâchettes, apprécie le geste du buteur. Rémy, qui aurait pu doubler la mise sur un bon centre de Florent Malouda, lui, n'en rajoute pas: "Je ne suis pas le sauveur des Bleus. Ce soir, c'est une belle semaine d'entraînement qui est récompensée par cette victoire. C'est magique de faire vibrer un public comme ça. On prend la tête du classement et malgré un mauvais départ, on a rectifié le tir. Pourvu que ça dure."