Koffi: "Ça m'a endurci"

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Koffi: "Ça m'a endurci"
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De retour au Mans après une saison compliquée à Badalone, Alain Koffi cartonne en ce début de saison. Meilleur joueur français de Pro A en 2009, l'intérieur du MSB n'a pas l'impression d'avoir perdu un an à la Joventut. "Je pense que ça m'a fait grandir", estime-t-il. A confirmer samedi soir contre Chalon-sur-Saône, lors de la 4e journée du championnat.

De retour au Mans après une saison compliquée à Badalone, Alain Koffi cartonne en ce début de saison. Meilleur joueur français de Pro A en 2009, l'intérieur du MSB n'a pas l'impression d'avoir perdu un an à la Joventut. "Je pense que ça m'a fait grandir", estime-t-il. A confirmer samedi soir contre Chalon-sur-Saône, lors de la 4e journée du championnat. Alain, vous êtes sur un nuage avec 19 points et 12 rebonds en moyenne par match. Comment vivez-vous ce début de saison ? Plutôt bien. Cet été avec l'équipe de France m'a parfaitement lancé. J'espère que ça va continuer comme ça pour moi. Mais j'espère surtout qu'on va continuer à gagner. Ce qu'on veut le plus en ce moment, c'est être en tête eu championnat. Etes-vous surpris d'être si bon si tôt dans la saison ? Non. Vu ce que j'ai fait avec les Bleus, je n'ai pas eu besoin de préparation physique avec Le Mans. Quand je suis arrivé, j'étais directement en forme. Il fallait juste que je me remette dedans au niveau des systèmes et trouver un peu de cohérence avec les autres. Je ne suis parti qu'un an. Je connaissais déjà pas mal des systèmes de J.D. (Jackson) et sa manière de coacher. Une fois que tout ça a été réglé, il a simplement fallu laisser parler le jeu. Et mes capacités physiques m'ont permis de réaliser de beaux cartons. Quel a été le discours de J.D. Jackson avec vous quand vous êtes revenu au club ? Il m'a tout de suite mis en confiance. Il m'a dit: "N'hésite pas à jouer, t'es le leader de l'équipe. On compte sur toi, n'aie pas peur, tente des choses." Ça m'a fait du bien. Et puis, le fait de jouer avec des mecs comme J.P. (Batista), Antoine (Diot), que je connaissais déjà très bien, et d'autres joueurs de très haut niveau, altruistes, ça m'a beaucoup aidé. Cette confiance, vous en aviez besoin après une saison assez mitigée à Badalone ? Ah oui, j'en avais vraiment besoin ! Là-bas, le coach ne me faisait pas du tout confiance. C'est pour ça que j'ai choisi de revenir au Mans. Je savais qu'ici, ça serait différent, j'aurais ce qu'il me faudrait. Comme je ne voulais surtout pas faire une deuxième année de suite sans jouer, je me suis dit que revenir au MSB, dans un contexte que je connaissais, me permettrait d'être sûr d'avoir du temps de jeu et la confiance de mon entraîneur. "Quand t'es à l'étranger, on ne te fait pas de cadeau" Avec vos stats actuelles et votre été en équipe de France, on a du mal à comprendre pourquoi vous n'avez pas été plus utilisé à la Joventut... Avec le recul, je me dis que j'aurais bien aimé réussir là-bas. Mais le coach avait sa philosophie et mon style de jeu ne lui correspondait pas. Ça, je peux le comprendre. Mais bon, c'est dommage pour lui qu'il n'ait pas su exploiter mes capacités. Maintenant, je vais tout faire pour en faire profiter ceux qui en ont vraiment envie. Regrettez-vous d'avoir fait ce choix ? Non, pas du tout. C'est une bonne expérience parce que j'ai pu découvrir comment c'est à l'étranger. Quand ça se passe mal, ça renforce. Ça m'a vraiment endurci mentalement. Quand t'es à l'étranger, on ne te fait pas de cadeau. Tu dois être performant même si on ne te fait pas confiance. Tu dois toujours apporter un truc. Je pense que ça m'a fait grandir. Je n'ai pas l'impression d'avoir perdu un an. Même si au niveau du temps de jeu je n'ai pas progressé comme je l'aurais voulu, le fait de jouer en Liga ACB m'a fait côtoyer des grands joueurs et affronter des grosses équipes comme Barcelone, le Real Madrid, Malaga ou Valence. C'est le haut niveau. Comment s'est réglé votre retour an MSB ? Ça s'est fait assez naturellement. A la base, le club m'avait dit qu'il ne pourrait pas me récupérer. Mais avec le marché actuel qui est assez bizarre, j'avais d'autres propositions qui n'étaient pas garanties et Le Mans a rediscuté avec mon agent. Les dirigeants ont vu qu'il y avait une brèche, ils ont fait une offre. Pour moi, Le Mans c'était une bonne situation parce que, à ce moment là, ils avaient encore la chance de disputer l'Euroligue. C'est un club que je connaissais bien et c'est une valeur sûre en France donc ça ne se refusait pas. Vous aviez quitté le MSB en tant que MVP français de Pro A. Est-ce un objectif cette saison pour vous ? Oui, ça serait bien d'avoir le titre de MVP français mais je ne le convoite pas spécialement. Ce que je veux, c'est gagner le titre avec Le Mans pour avoir l'Euroligue la saison prochaine. L'Euroligue, c'est le plus haut niveau européen et quand tu y participes, t'as tout à y gagner. "Si on visait autre chose que le titre, les gens diraient qu'on se fout d'eux" L'élimination du Mans au troisième tour préliminaire contre le Khimki Moscou a-t-elle été un coup dur pour vous ? Oui, mais vu qu'on est tombé sur une équipe vraiment plus forte que la nôtre, on l'a plutôt bien digérée. On n'est pas tombé contre n'importe quelle équipe: le Khimki vise le Top 16 en Euroligue, voire plus. Ce n'est pas comme si on avait perdu contre Banvit dès le premier tour. C'est moins frustrant d'avoir perdu contre Moscou que face à un club largement à notre portée. Il n'y a pas trop de regrets... Cette élimination en Euroligue explique-t-elle votre défaite à Antarès contre Le Havre (55-58), en ouverture du championnat ? Ça pourrait l'expliquer parce qu'on n'avait pas vraiment eu le temps de travailler sur nous-mêmes. Entre J. P. et moi qui étions en sélection, les blessés qu'on a eus et l'arrivée tardive d'Alex Acker, on n'avait pas pu nous entraîner tous ensemble. On avait commencé directement avec le tour préliminaire de l'Euroligue avec un gros manque d'entraînement. On avait réussi à battre Banvit et Villeurbanne mais, après notre élimination, on n'a pas pu nous pencher sur cette équipe du Havre alors qu'elle avait pu "scouter" nos matches. Mais on n'a jamais douté. Sur ce match là, on est devant tout le temps et les Havrais ont profité de notre moment de faiblesse dans le dernier quart-temps pour réaliser un coup. Ça s'est ensuite mieux passé contre Pau-Lacq-Orthez (87-68) et Strasbourg (80-59). Ces deux larges succès ne risquent-ils pas de vous donner un excès de confiance ? Non parce que la défaite contre Le Havre nous a mis les pieds sur terre tout de suite. Après, on a eu le temps de bien travailler nos systèmes avec une semaine entière pour préparer les deux rencontres suivantes. On a eu plus de cohésion en attaque, plus de fluidité aussi. Notre défense s'est bien mise en place. Du coup, on doute moins. Ça explique ces gros scores. Samedi, vous accueillez Chalon-sur-Saône lors de la 4e journée de Pro A. A quel genre de match vous attendez-vous ? On sait que Chalon aime le jeu rapide et les un-contre-un. Ils ont des bons joueurs come Blake Schilb et Steed Tchicamboud. On va tout faire pour essayer de les faire déjouer. Si on les laisse courir, ça va être difficile pour nous. Il faudra qu'on les contienne et qu'on impose notre jeu rapide à nous. "Me rendre indispensable pour les Bleus ? C'est le but" De manière générale, les autres recrues Ben Dewar, Marco Pellin ou Alex Acker se sont très vite intégrées. Qu'en pensez-vous ? Dewar et Acker sont des joueurs de très haut niveau. Ils ont une compréhension du jeu très rapide. Alex, on connait son pedigree, l'année dernière encore il jouait en NBA. Tout le monde ne peut pas s'adapter aussi vite. Ben, je le connaissais mais je ne pensais pas qu'il était aussi fort. Il a d'autres capacités que d'être un super shooteur. Il est vraiment très complet. Avez-vous conscience qu'avec toutes ces options, le MSB est le candidat numéro un pour le titre ? Oui, on le sait. Le président nous l'a dit, on ne se cache pas. De toute façon, si on visait autre chose que le titre, les gens diraient qu'on se fout d'eux. On ne va pas se voiler la face. Chaque samedi, on sait qu'on sera plus ou moins le favori sur le terrain. A nous d'assumer cette pression et d'aller au bout. Un dernier mot sur l'équipe de France. Qu'avez-vous retenu de cet été au Mondial 2010 ? Vu la saison que j'avais faite à Badalone, je ne m'attendais même pas à être dans le groupe. Mais le fait que Vincent Collet m'appelle a été une belle preuve de confiance. Il savait que mon année là-bas n'enlevait rien à mes qualités de joueur. Après, ça s'est plutôt bien passé pour moi, même si collectivement on n'a pas pu aller au bout. On avait conscience de nos limites mais on aurait pu mieux faire. A ce rythme là en tout cas, vous allez vous rendre indispensable pour l'Euro 2011 en Lituanie ? C'est le but. Je veux revenir assez régulièrement en équipe de France. Je sais que l'année prochaine, des gros joueurs comme Joakim (Noah), Tony (Parker) ou Ronny (Turiaf) vont être là. Mon objectif, c'est de me faire une place au milieu pour jouer ce Championnat d'Europe et les Jeux Olympiques de Londres, l'année d'après.