Jalabert a aimé

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Jalabert a aimé
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Ce n'est pas encore ça, mais c'est mieux qu'en 2009. Avec Romain Feillu, dixième, les Français ont rendu, dimanche, lors des Championnats du monde à Melbourne, une copie correcte, qui a en tout cas plu à Laurent Jalabert. Le sélectionneur, qui a notamment apprécié la performance de ses jeunes, Offredo, Gautier et Feillu, sur qui il avait misé. Et il n'est pas déçu.

Ce n'est pas encore ça, mais c'est mieux qu'en 2009. Avec Romain Feillu, dixième, les Français ont rendu, dimanche, lors des Championnats du monde à Melbourne, une copie correcte, qui a en tout cas plu à Laurent Jalabert. Le sélectionneur, qui a notamment apprécié la performance de ses jeunes, Offredo, Gautier et Feillu, sur qui il avait misé. Et il se dit satisfait. Appelés à passer le traditionnel examen de fin d'année, à savoir les Championnats du monde, les Bleus n'ont pas déçu. Dans le système scolaire, ils auraient certainement reçu les encouragements du conseil de classe, à défaut de félicitations, réservées au vainqueur, Thor Hushovd, et à ses dauphins sur le podium, Matti Breschel et Allan Davis. Ils échappent en tout cas au "peut (beaucoup) mieux faire" de leur prédécesseurs de Mendrisio en 2009, complètement hors du coup malgré une sélection royale (Chavanel, Le Mével, Fédrigo, Voeckler...). Laurent Jalabert, en tout cas, a gouté la performance de ses Bleus, bien plus qu'en 2009 c'est certain. "Je suis très satisfait de la course réalisée par nos coureurs, a expliqué le sélectionneur à RMC. C'était une vraie belle course de vélo avec une très grosse bagarre. A un tour de l'arrivée, on a trois garçons dans le groupe de tête, avec les gros calibres. Romain Feillu est là pour jouer la gagne alors qu'il avait des crampes un tour plus tôt." Feillu terminera 10e du sprint final, au milieu des costauds, la plupart aussi rapides que lui si ce n'est plus. 10e, c'est surtout bien mieux que le meilleur français l'an passé (Chavanel, 29e), et c'est même plutôt flatteur au regard de la place de la France sur l'échiquier mondial (14e au classement UCI). En réalité, plus que la performance elle-même, somme toute moyenne il ne faut pas se le cacher, c'est "l'état d'esprit" de son équipe que Jalabert dit avoir apprécié. Le tempérament, ce qui reste la principale qualité des coureurs français, rayés ou presque des palmarès des grandes courses d'un jour (Guesdon, Paris-Tours 2006, Voeckler, GP de Québec 2010, et après ?). Un goût pour l'offensive, marqué par une omniprésence dans les échappées, qui avait abondamment rapporté lors du Tour de France en juillet, avec six bouquets pour les Tricolores. A Melbourne, c'est Yoann Offredo qui s'est chargé de montrer le maillot bleu à l'avant de la course. Un manque de "maturité physique" Offredo, c'est le symbole de cette jeune équipe de France. C'était l'un des paris de Jalabert. Sous les couleurs de la FDJ, on l'avait vu présent lors de Milan-San Remo, de la Vattenfall Cyclassics, et lors du GP Ouest-France. C'est d'ailleurs à Plouay qu'il avait tapé dans l'oeil d'un sélectionneur séduit par ce jeune talent de 23 ans qui n'a pas froid aux yeux. Et qui en redemande. "C'était une course à l'usure comme je m'y attendais, a expliqué le Francilien. On s'est retrouvé devant assez tôt. J'ai eu des crampes, je n'ai pas pensé à m'alimenter avec l'euphorie d'être devant. Du coup j'ai eu une fringale dans le dernier tour et je ne pouvais plus avancer. Je suis frustré car je me dis que je n'ai pas exploité au maximum mes jambes. Mais c'est l'expérience..." L'expérience, et un peu de "maturité physique" selon Jalabert. Ce qui a aussi manqué à Romain Feillu, pas vieux lui non plus (26 ans), et pour qui les 265 kilomètres de course ont aussi pesé. "J'ai été perclus de crampes sur le final, et notamment dans le sprint. Je suis donc à la fois content de ma prestation mais aussi un peu déçu", a confié le sprinteur de Vacansoleil. Dans le dernier tour, Feillu a été "ramené" par le troisième jeune de la bande, Cyril Gautier (23 ans). Qui sait si le protégé de Jean-René Bernaudeau n'avait pas lui aussi les cannes pour faire mieux en jouant sa carte personnelle (32e dimanche) ? Comme le reconnaît Jalabert, à défaut d'exploit, c'est en tout cas "encourageant pour l'avenir".