Impossible n'est pas anglais

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Impossible n'est pas anglais
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Moribonde dans le Tournoi, l'Angleterre n'est plus très loin d'apparaître à moins d'un an de la Coupe du monde comme le plus sûr représentant de l'hémisphère nord face aux Nations du Sud contre lesquelles la Rose peut se targuer de compter deux succès lors des six derniers mois. A chaque fois contre l'Australie. Contre toute attente, Martin Johnson fait le pari d'un jeu ambitieux, à confirmer samedi, à Twickenham, face aux Boks.

Moribonde dans le Tournoi, l'Angleterre n'est plus très loin d'apparaître à moins d'un an de la Coupe du monde comme le plus sûr représentant de l'hémisphère nord face aux Nations du Sud contre lesquelles la Rose peut se targuer de compter deux succès lors des six derniers mois. A chaque fois contre l'Australie. Contre toute attente, Martin Johnson fait le pari d'un jeu ambitieux, à confirmer samedi, à Twickenham, face aux Boks. "Je m'en félicite, une fois n'est pas coutume, je suis heureux d'une victoire anglaise. (...) C'est aussi encourageant pour nous, ça nous fait dire que c'est possible aussi pour nous." C'était le temps des félicitations pour Marc Lièvremont qui, il y a encore dix jours, rendait cet hommage appuyé à l'ennemi héréditaire, un XV de la Rose tout auréolé de sa victoire (35-18) infligée à Twickenham à des Wallabies surclassés sans la moindre contestation possible par des Anglais méconnaissables qui, loin d'un dernier Tournoi des Six nations achevé à une troisième place anonyme avec deux revers au compteur et surtout sur le constat d'un jeu indigent, balayaient l'Australie pour la deuxième fois en six mois après un succès l'été dernier (21-20) à Sydney. Deux victoires qui pèsent forcément à l'heure de s'engager dans cette dernière ligne droite vers la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande: aucune nation de l'hémisphère nord ne peut se targuer d'un tel bilan et surtout pas les Bleus, qui, à la veille de croiser les hommes de Robbie Deans samedi à Saint-Denis, attendent toujours de goûter la victoire face aux Wallabies sous l'ère Lièvremont. Autant dire qu'à l'heure de subir le feu des critiques pour l'incapacité du XV de France à trouver du liant entre ses lignes, le sélectionneur tricolore, dont la politesse a ses limites, n'apprécie que modérément qu'on lui renvoie la réussite actuelle d'un Martin Johnson. "Je trouve les comparaisons avec l'Angleterre malhonnêtes. Ils ont coupé cet été, joué moitié moins de matches de clubs que nous, se sont réunis deux fois plus que nous, normal qu'ils soient en avance." Sans doute, même si pour être tout à fait exact, les joueurs français ont disputé au maximum 14 matches contre 10 pour les Anglais... Le coup de bluff Le constat est en effet douloureux pour les Bleus, qui s'ils sont invaincus cet automne, à la différence du XV de la Rose, assistent à la montée en puissance d'une équipe anglaise, passée à la troisième place au classement de l'IRB, devant les Tricolores, et capable de menacer surtout jusqu'au bout les All Blacks, malgré une défaite initiale (16-26) et d'écarter donc sans ménagement les Wallabies. Mais ce qui force plus encore le respect, c'est à coup sûr la mutation difficilement soupçonnable de la formation de Johnson. Une équipe qui avançait pourtant masquée, si l'on s'en tient aux déclarations il y a un mois d'un Mike Ford, entraîneur-adjoint de "Johno", en charge de la défense. A l'heure d'entamer cette série de test-matches, l'Angleterre ne cache pas que sa première ambition sera davantage de contrer le jeu des All Blacks, puis une semaine plus tard celui des Wallabies que de s'y adapter. "Nous voulons faire du test de samedi un vrai match de rugby à l'ancienne, pouvait-on lire. Dans le Tri-Nations, il y a eu trois matches qui se sont soldés par une moyenne de 77 points", a-t-il ajouté. "Pour moi, ce n'est pas du rugby au niveau international. Nous allons tout faire pour produire notre meilleure performance défensive." Une belle opération d'intox quand on voit en ce mois de novembre, les Foden, Ashton et autres trois-quarts anglais pratiquer un jeu de relances à tout va face aux références du Sud. Des intentions insoupçonnées de la part d'une formation, qui ronronnait jusqu'alors à l'étroit dans son carcan traditionnel. Presque une révolution, Sir Martin Johnson, dont les propos après la mise en pièces des Wallabies, traduisait tout autant un fol espoir que la conscience de la fragilité de cet ensemble naissant. "Je ne veux pas m'enflammer, indiquait le capitaine des champions du monde 2003. Nous avons assez bien joué, avec le bon tempo". Et d'interroger benoîtement: "Peut-être ne s'attendaient-ils pas à ce que nous jouions de cette façon..." Une vraie surprise en effet pour des Anglais prêts et surtout capables d'envoyer du jeu, mais aussi de piétiner le week-end dernier face à des Samoa, capables de mener à Twickenham à l'entame de la seconde période avant de céder (26-13). "C'est du rugby international, rien n'est facile. (...) Nous avons joué contre une équipe très physique aujourd'hui, et ce sera la même chose la semaine prochaine contre l'Afrique du Sud." Les Boks, champions du monde mal en point après leur défaite surprise en Ecosse (21-17), face auxquels la Rose rêve de la passe de trois face à des équipes du Sud. Un capital confiance essentiel à l'heure de partir défier le monde dans un an au Pays du long nuage blanc...