Haskell déjà indispensable

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Haskell déjà indispensable
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TOP 14 - Le Stade Français compte sur sa recrue anglaise James Haskell pour faire la différence face à Brive lors de la 9e journée.

Plus serein depuis l'arrivée de Jacques Delmas à la tête de l'équipe, le Stade Français accueille Brive vendredi en ouverture de la 9e journée du Top 14. Pour cette rencontre, le club parisien pourra compter sur l'un de ses renforts de poids de l'intersaison, l'Anglais James Haskell, qui s'est déjà imposé comme un titulaire indiscutable."Je suis vraiment satisfait de son rendement. Il affiche un excellent état d'esprit toute la semaine et en match. Il est régulier et nous amène beaucoup de vitesse et de puissance." Ce portrait, aux allures d'éloge, c'est Ewen McKenzie, l'ancien coach du Stade Français, qui le dressait au coeur du marasme parisien et avant que le technicien australien ne soit débarqué, en compagnie de Christophe Dominici, au profit du duo Delmas-Faugeron. L'heureux destinataire de cette dithyrambe, que le nouveau staff technique parisien ne renierait pas ? L'Anglais James Haskell, tête d'affiche du recrutement du Stade Français à l'intersaison, qui après presque un tiers de championnat, a déjà su se rendre indispensable au club de la capitale.Adopté et intégré à la famille parisienne, l'intéressé ne regrette pas cette décision qui a déclenché la polémique outre-Manche, où l'annonce de son exil, le premier d'une longue liste chez les internationaux anglais, a fait l'effet d'une bombe de la part de ce pur produit de l'académie de formation des Wasps, avec lesquels il remporta la H-Cup à 22 ans en 2007 et deux titres de champion d'Angleterre en 2004 et 2005. Un départ vécu comme une trahison pour l'un des plus grands espoirs d'un rugby anglais touché de plein fouet par la crise économique et incapable de résister au pouvoir d'attraction du nouvel Eldorado français, le tout puissant Top 14. Haskell: "Un énorme challenge pour moi""Le Stade Français est une grande équipe. Je voulais découvrir autre chose. C'est un énorme challenge pour moi," s'enthousiasmait encore récemment un Haskell incontournable. Un atout de poids, un joueur de classe internationale sur lequel Max Guazzini ne s'est pas trompé. Fort d'une condition physique au-dessus de la moyenne, savant cocktail de vitesse et de puissance, le troisième ligne affiche un bilan de sept titularisations lors des huit premières journées de championnat. Sur son passage, que des louanges: "Il est vraiment professionnel", souligne encore, admiratif, le préparateur physique stadiste Benjamin Del Moral, "et cohérent dans sa façon de travailler. Il ne fait rien au hasard." Impressionnant dès les tests physiques de pré-saison, ce solide gaillard de 24 ans (1,93 m pour 113 kilos) ne s'arrête jamais. A chaque fin de séance, il refait ses gammes: passe après contact, percussion, plaquage en un contre un dans le couloir des cinq mètres avec toujours son souffre-douleur privilégié et ancien coéquipier chez les Wasps, le deuxième ligne anglais Tom Palmer. Tête d'affiche du dixième calendrier des Dieux du Stade, Haskell s'est acclimaté à sa nouvelle vie parisienne, partageant son appartement avec Ollie Phillips, un compatriote également arrivé à l'intersaison. Si la qualité du jeu produit dans le Top 14 n'a sans doute pas transporté l'ancien pensionnaire de la Premiership, l'environnement et la passion le laissent sous le charme: "J'ai surtout été impressionné par le pilou-pilou (chant traditionnel des supporters) à Toulon, révèle Haskell. C'était comme faire face au Haka. J'ai aussi adoré jouer à Anoeta contre Bayonne devant autant de personnes." Ce soir-là, 28.000 spectateurs assistent à l'un de ses deux essais, insuffisants toutefois pour empêcher la lourde défaite d'un Stade Français alors en pleine crise.Une situation qui, loin de le faire douter, l'a poussé à redoubler d'efforts, conscient qu'il est de jouer gros dans la perspective de son avenir international. D'abord écoeuré lorsqu'il a découvert qu'il ne faisait pas partie, à la différence d'autres éxilés (Wilkinson, Flutey), de la présélection dévoilée début juillet par le sélectionneur, Martin Johnson, pour la saison à venir, Haskell a pris son parti du fait qu'il lui faudra sans doute prouver encore plus que ses partenaires évoluant au pays. "Mon objectif est de bien jouer avec le Stade. Il y a tant de bons joueurs en troisième ligne ici: c'est une montagne qu'il m'est donné de gravir. Si le Stade commence à gagner de nouveau, ce sera plus facile pour moi d'être sélectionné en équipe d'Angleterre."