Frêche, la mort d'un empereur

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Frêche, la mort d'un empereur
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Georges Frêche est décédé ce dimanche à Montpellier, ville dont il a été maire pendant 27 ans. Président de l'agglomération montpelliéraine jusqu'à sa mort, l'homme politique le plus influent du Languedoc-Roussillon, président du conseil régional et ami de Louis Nicollin, avait fait beaucoup pour développer le sport dans sa ville, et permettre à ses clubs de grandir.

Georges Frêche est décédé ce dimanche à Montpellier, ville dont il a été maire pendant 27 ans. Président de l'agglomération montpelliéraine jusqu'à sa mort, l'homme politique le plus influent du Languedoc-Roussillon, président du conseil régional et ami de Louis Nicollin, avait fait beaucoup pour développer le sport dans sa ville, et permettre à ses clubs de grandir. Georges Frêche s'est éteint. L'ancien de maire de Montpellier pendant 27 ans (1977-2004), puis président de du conseil régional depuis 2004, est décédé dans sa ville, dimanche, dans l'après-midi. Le sport montpelliérain y a sans doute beaucoup perdu. Aussi controversé que puisse avoir été l'homme politique, au coeur de nombreuses polémiques, Georges Frêche aura apporté une contribution énorme aux clubs sportifs montpelliérains, qui ont grandi sous sa coupe. A l'occasion de la présentation du tournoi ATP 250 de Montpellier, nous avions pu rencontrer Georges Frêche, avec qui nous avions pu évoquer sa passion pour le sport. Cruel clin d'oeil, cet Open Sud de France, qui se déroulera dans la flambant neuve Arena, dernier bijou "offert" à sa ville, doit débuter ce lundi... "J'aime beaucoup le sport, nous avait confié Georges Frêche il y a quelques semaines. Quand je suis arrivé à Montpellier (en 1977, ndlr), il n'y avait qu'un sport, le volley. Aujourd'hui, il y a 26 équipes engagées en première division ! J'ai fait le seul stade de rugby à XV construit dans la seconde moitié du XXe siècle en France (le Stade Yves-du-Manoir, 12 000 places), on a un stade de 50 000 places pour le football... Nous avons des infrastructures sportives très développées. Et pour nous, cet Open Sud de France, c'est la cerise sur le gâteau." Une relation ambiguë avec Nicollin Son investissement, jamais démenti, pour développer les structures sportives, notamment des clubs pros comme le MHSC (foot), le MHR (rugby) ou le MAHB (handball), n'était pas à fonds perdus. "J'utilise le sport pour développer la ville, expliquait-il. Quand nos équipes traversent l'Europe pour jouer, elles font connaître Montpellier. Pour moi - même si je ne suis plus maire de Montpellier, je reste président de l'Agglomération - ça permet de faire connaître la ville et ça coûte beaucoup moins cher que la publicité. Aujourd'hui, passer des spots sur les chaînes hertziennes, ça coûte vingt fois plus cher qu'il y a dix ans. Notre budget communication s'épuise vite... Finalement, le sport est un formidable moyen de promotion, d'autant qu'il est relativement peu cher pour une ville." Avec ses clubs, Georges Frêche a toujours entretenu une relation ambiguë, à l'image de celle qu'il cultivait avec Louis Nicollin, l'autre homme-fort du sport montpelliérain. "Nicollin, c'est mon pote. Je m'en suis méfié pendant vingt ans", disait-il. Si Frêche a toujours généreusement doté ses clubs, il a toujours aimé avoir son mot à dire dans la gestion de ceux-ci. A l'image de l'évènement qui avait secoué le MHR en juin dernier: Georges Frêche, en menaçant de priver le club des subventions du conseil général, avait exigé puis obtenu la démission du président Thierry Pérez, dont l'épouse figurait sur une liste électorale concurrente. Ce lundi, Georges Frêche ne sera donc pas présent pour les premiers coups de raquette de l'Open Sud de France, à l'Arena. On imagine qu'un vibrant hommage lui sera rendu. Son dernier rêve était de voir les championnats du monde de natation se dérouler à Montpellier en 2016. Reste à savoir si quelqu'un saura reprendre le flambeau.