Et s'il n'en reste que deux...

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Et s'il n'en reste que deux...
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Replacé en position plus qu'idéale dans la course au titre de champion du monde, Fernando Alonso (Ferrari) ne semble plus avoir qu'un seul véritable adversaire même s'il avance le contraire. Hormis Mark Webber (Red Bull), plus personne ne semble vraiment en mesure de devancer l'Espagnol, à deux courses de la fin de la saison.

Replacé en position plus qu'idéale dans la course au titre de champion du monde, Fernando Alonso (Ferrari) ne semble plus avoir qu'un seul véritable adversaire même s'il avance le contraire. Hormis Mark Webber (Red Bull), plus personne ne semble vraiment en mesure de devancer l'Espagnol, à deux courses de la fin de la saison. Alonso a gagné gros, mais il reste deux courses. Et l'Espagnol est le premier à le savoir, peut-être le plus au courant même, tant il a calmé les ardeurs de ceux qui voyaient déjà en lui le nouveau champion du monde: "On sait qu'avec le nouveau système d'attribution des points, tout peut changer en une course. Si vous ne marquez pas de points, vous perdez 25 points sur un de vos principaux concurrents, donc rien ne change, tempérait ainsi le pilote Ferrari après la course. Il reste quatre ou cinq prétendants, donc la clé pour remporter le championnat sera d'être sur le podium, d'être constant." En parlant de "quatre ou cinq prétendants", le Taureau des Asturies exagère assez largement par contre. Mathématiquement, cinq hommes restent en effet dans la course au titre. Gagner les deux dernières courses vaudra 50 points et Webber (Red Bull), Hamilton (McLaren), Vettel (Red Bull) et Button (McLaren) pointent chacun à moins de 50 unités de l'Espagnol. Mais le champion du monde en titre, qui compte 189 points contre 231 pour Alonso, est déjà hors course. Pour Vettel et Hamilton, qui pointent respectivement à 25 et 21 points du leader, il faudrait un immense concours de circonstances pour parvenir à décrocher le Graal. Le seul à conserver son destin en mains, hormis Alonso évidemment, est donc Mark Webber. Leader du championnat depuis la Hongrie, l'Australien a été dépossédé de sa première place mais ne pointe qu'à 11 unités d'Alonso, et serait donc sacré champion en s'imposant à Interlagos puis à Abu Dhabi, quels que soient les performances de son vis-à-vis. Webber aurait-il craqué ? "Je pense vraiment que je peux remporter le titre, déclare l'Australien sur son site officiel. La RB6 est une superbe voiture et j'ai hâte de la piloter au Brésil et à Abu Dhabi. Courir contre des gars comme Fernando est très gratifiant. Et les battre, c'est l'essence de ce sport." Mark Webber reste donc optimiste tout autant qu'Alonso reste prudent. Plutôt logique, puisque la guerre des nerfs a déjà commencé et que l'aspect psychologique joue également son rôle dans ce genre de batailles. Problème pour le pilote Red Bull : à ce petit jeu-là, l'Espagnol est largement rôdé, déjà champion du monde en 2005 et 2006 chez Renault. D'aucuns pensent en revanche que Webber perd ses moyens, à commencer par Nico Rosberg. L'Allemand a été directement concerné par la sortie de piste de l'ex-leader du championnat en Corée, percuté par la monoplace de l'Australien et s'en est ému sur son Twitter: "Je ne comprends pas pourquoi Webber n'a pas freiné. C'était fou de revenir en piste de cette façon." L'ancien pilote autrichien Gerhard Berger a été plus loin en évoquant un acte volontaire devant les caméras de la chaîne Servus, pensant que Webber "aurait pu appuyer sur les freins et arrêter la voiture dans le mur", estimant même qu'"il aurait préféré sortir Alonso ou Hamilton". Le raccourci est probablement exagéré... Toujours est-il que cette sortie de piste coûte aujourd'hui très cher au pilote Red Bull. Surtout, l'Australien a inscrit 92 points sur les sept dernières manches, contre 133 dans le même temps pour Alonso, qui reste sur trois victoires en quatre courses. Avec un tel rythme, difficile pour l'Espagnol de se cacher alors que son zéro pointé. Pour l'instant, il y parvient encore.