Deschamps: "Un transfert de prisonniers"

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Deschamps: "Un transfert de prisonniers"
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C'est un Didier Deschamps irrité qui s'est présenté en conférence de presse après la défaite de l'OM face au Paris Saint-Germain (2-1), dimanche, dans le cadre de la 12e journée de Ligue 1. Après avoir fustigé un avant-match "inadmissible, l'entraîneur marseillais a regretté les erreurs de ses joueurs en début de rencontre. Des manques qui ont permis aux Parisiens de marquer par deux fois par Erding et Hoarau.

C'est un Didier Deschamps irrité qui s'est présenté en conférence de presse après la défaite de l'OM face au Paris Saint-Germain (2-1), dimanche, dans le cadre de la 12e journée de Ligue 1. Après avoir fustigé un avant-match "inadmissible, l'entraîneur marseillais a regretté les erreurs de ses joueurs en début de rencontre. Des manques qui ont permis aux Parisiens de marquer par deux fois par Erding et Hoarau. Didier, est-ce l'entame de match qui vous coûte les trois points? C'est probable. On a pris ces deux buts, après, on a couru derrière. On a eu une entame de match compliquée, comme notre avant match qui a été également très compliqué, mais ce n'est pas pour ça qu'on perd. On a commis des erreurs techniques mais on n'a pas eu de préparation normale. Ce n'est pas normal d'arriver une heure avant au stade pour un tel match. Déjà la veille, on est resté 25 minutes sur le périph', tout seul, sans escorte. On a monopolisé des gens pour nous dégager la route qui n'ont servi à rien. Il y avait quatre camions qui nous créaient plus des embouteillages qu'autre chose. Après, ce n'est pas une excuse mais il faut arrêter de faire de la littérature et que ce soit efficace. On aurait dit, aujourd'hui, qu'on faisait un transfert de prisonniers à haut risque. Pour préparer un tel match, il faut qu'on arrive à une heure qui soit logique. Mais ça n'empêche pas qu'on ait commis des erreurs techniques qui nous ont coûté des buts. On a eu le sentiment que votre équipe se cherchait encore sur le terrain dans la première demi-heure de jeu... On a vu une équipe fébrile, forcément par le contexte, même si le match en lui-même peut donner de la fébrilité. Je l'ai senti aussi. Pendant les vingt premières minutes, on a fait trop d'erreurs de relance qui ont amené les deux buts de Paris. En seconde période, on a bien réagi en se créant des opportunités. On aurait pu et dû revenir au moins à 2-2. Mais ce n'est jamais évident d'être mené 2-0 face une équipe qui est en grande confiance et qui a de la qualité aussi. Elle l'a montré ce soir même si, lors de la deuxième partie du match, ils ont plus subi que fait le jeu. "Pas de stratégie de communication" Votre entame de match ressemble-t-elle à votre première demi-heure contre Lille? Quand même pas! A Lille, on était encore plus en difficulté. Maintenant, on a commis des erreurs techniques qui ont mis en valeur la qualité de l'équipe parisienne même si on savait qu'ils démarraient pied au plancher en général. C'est là où ils essaient de mettre la pression. On aurait dû avoir un peu plus de lucidité à la récupération du ballon pour pas que Paris, au deuxième ballon, nous remette de nouveau la pression. Vous avez eu beaucoup de ballons mais vos attaquants, comme Loïc Rémy, sont finalement restés assez discrets... J'ai des joueurs de qualité mais dans des matches de haut niveau, ce n'est pas en claquant des doigts que... Évidemment qu'ils ont de la qualité, comme "Lo" (Loïc Rémy, ndlr), Gignac et Matthieu (Valbuena, ndlr), même s'il a un peu plus d'expérience... Ils n'ont pas joué beaucoup de matches comme celui-là. Dans l'aspect psychologique, ce genre de match demande de l'expérience. Après, il y en a qui peuvent se sentir un peu moins bien. Il faut un petit peu de temps pour ces gros matches avec un enjeu, un combat physique. C'est aussi maîtriser ce qui se passe avant pour être un peu plus efficace.. Vous êtes un peu plus irrité par le contexte que par la prestation de votre équipe... Non, je ne l'occulte pas. Ce ne sont pas les éléments extérieurs qui ont marqué les deux buts. C'est parce qu'on a fait des fautes et qu'ils en ont profité. Après, on savait que ça allait être un match compliqué. Je ne fais pas de stratégie de communication pour qu'on ne parle pas du match. Si vous voulez me parler du match et des joueurs, pas de problèmes, vous pouvez me poser des questions. Mais ce qui est arrivé la veille (samedi, ndlr) et aujourd'hui, c'est inadmissible, c'est tout. Ça ne veut pas dire que... Autrement, il faut mettre de la musique et puis voilà, mais je suis conscient des erreurs que l'on a faits. On n'a pas fait le très grand match, on est tombé contre une équipe qui était conquérante même si on a eu les opportunités pour revenir, que ce soit avec Gignac en fin deuxième mi-temps, ou Rémy en début de deuxième même si Paris nous a également posé des problèmes. Ce n'est pas pour rien qu'ils font le parcours qu'ils réalisent depuis le début de la saison. Était-ce un problème d'envie? Non, l'envie elle était là. La détermination, elle était là. Après, c'est une question de timing, de mise en route aussi. C'est vrai qu'on a eu une mise en route qui était laborieuse. A partir du moment où l'on n'est pas dynamique, il y a plus de chance de faire des boulettes. "Kaboré en difficulté" Vous avez remplacé Valbuena et Rémy alors qu'ils semblaient frais... Ben, je ne sais pas. Il y a votre collègue qui me disait qu'il avait trouvé Loïc Rémy faible. Donc chacun aura sa propre analyse. J'ai ma propre analyse. J'ai des joueurs sur le banc qui sont là pour amener quelque chose, donc c'est logique que je fasse des changements. Après, ça marche ou ça ne marche pas. On peut avoir une vision différente de la mienne, mais c'est moi qui fais les remplacements. Le remplacement à la pause de Kaboré par Abriel, était-ce pour apporter plus de justesse technique à la première relance? Un peu plus de justesse technique, oui parce que j'ai trouvé Kaboré en difficulté sur la première mi-temps. Qu'avez-vous pensé de l'équipe du Paris Saint-Germain? Pensez-vous que c'est un candidat crédible au podium? Elle y est sur le podium, donc oui. Elle fait partie des bonnes équipes avec de la qualité offensive. Le championnat est long mais ils enchaînent les bons résultats. Quand ils sont sur la ligne de départ en championnat, c'est pour jouer les premiers rôles aussi. Ils sont plus consistants qu'ils ne l'étaient la saison dernière. Après la victoire contre Zilina, votre équipe n'était-elle pas plus tournée vers la Ligue des champions que vers le championnat et ce clasico? Le championnat c'est long, c'est très long. On a toujours l'opportunité de pouvoir prendre des points, récupérer des points. Évidemment que la Ligue des champions tient à coeur à tout le monde. On sait très bien que le match à Moscou sera décisif pour nous et notre avenir en Ligue des champions. Entre-temps, il y a la quotidien et la priorité, cela reste le championnat pour être de nouveau en Ligue des champions. Vous pouviez être leader en cas de victoire, que vous inspire cette défaite? Qu'on n'a pas pris de points... C'est un coup d'arrêt? Oui, car on était sur une bonne série et on se retrouve, puisque les autres n'ont pas pris beaucoup de points non plus, avec le même nombre de points (18) que les autres équipes mais avec un match en moins. On verra ce que sera susceptible de nous amener ce match en moins quand on le jouera. "Les supporters avaient tous envie de venir" Votre formation a néanmoins toujours tendance à plus réagir qu'agir... Oui, l'équipe se met en place mais, après, l'explication... Parce que Paris était mieux aussi et nous, on a perdu quelques duels et on a fait des erreurs techniques qui ont amené Paris à créer plus de danger. Quand il y en a un qui commence très bien, il y a forcément l'autre équipe qui est moins bien. C'est très rare d'avoir les deux qui commencent très bien. Pourtant, vous aviez bien débuté contre Zilina.. Peut-être qu'on a moins mal débuté mercredi mais ça peut arriver. A Lille, on avait mal débuté également. Je ne sais pas si ca va devenir une constance. Je ne sais pas... Je ne l'espère pas en tout cas. Comment avez-trouvé ce Parc des Princes sans supporter marseillais? Comme je l'ai dit avant. C'est un grand match, on fait monter la sauce, c'est un spectacle. Que ce soit dans un sens ou dans l'autre, ce n'est pas normal qu'il n'y ait pas de supporters des deux équipes. Pensez-vous que cela ait pu jouer sur le scenario du match? On préfère qu'ils soient là. Ils avaient tous envie de venir. Ils viennent de France et des quatre coins de l'Europe. Ça leur tient à coeur, c'est leur match. C'est aberrant qu'on puisse arriver à une telle décision.