Batum: "Trouver cette cohésion"

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Batum: "Trouver cette cohésion"
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À seulement 22 ans, Nicolas Batum fait déjà office de taulier dans cette équipe de France, présentée comme l'une des plus belles de son histoire. A quelques semaines de l'Euro en Lituanie (du 31 août au 18 septembre), l'ailier des Portland Trail Blazers ne s'enflamme pas pour autant et préfère privilégier une politique anti-star au sein des Bleus.

À seulement 22 ans, Nicolas Batum fait déjà office de taulier dans cette équipe de France, présentée comme l'une des plus belles de son histoire. A quelques semaines de l'Euro en Lituanie (du 31 août au 18 septembre), l'ailier des Portland Trail Blazers ne s'enflamme pas pour autant et préfère privilégier une politique anti-star au sein des Bleus. Nicolas, comment voyez-vous l'arrivée de Joakim Noah en équipe de France ? Je pense que Joakim peut apporter beaucoup de choses : son énergie, sa taille, les contres, les rebonds, même en attaque, vu qu'il a beaucoup progressé offensivement ces dernières années à Chicago. Maintenant ce serait bien qu'on ait deux pivots dominants avec Joakim et Ronny (Turiaf) pour gagner l'Euro parce qu'on voit que la plupart des nations mondiales s'articulent autour de deux pivots dominants. Son arrivée ne peut donc être qu'un bien. Comprenez-vous tout cet engouement autour de lui ? Oui, c'est normal. Il est attendu depuis maintenant plusieurs années, surtout depuis ses deux très bonnes dernières saisons. Aujourd'hui, il arrive et c'est logique. Nous-mêmes, joueurs, on sait qu'il va nous aider à faire quelque chose. Maintenant, on n'est pas là pour lui mettre la pression. Joakim va venir mais il ne va pas nous sauver. Il ne faut pas qu'on attende à ce qu'il gagne les matches tout seul. Où est-ce que vous vous situez dans ce groupe ? Honnêtement, je ne me vois pas comme une star. Je reste un des plus jeunes. Ce n'est que ma troisième campagne. Donc je ne vais pas faire celui qui prend tous les ballons, qui veut s'imposer. Je m'impose, oui, mais à ma manière, en étant le plus complet possible, en faisant tout simplement ce que j'ai l'habitude de faire. Mais vous ne niez pas avoir plus de responsabilités dans ce groupe ? Non, c'est vrai que j'ai un peu plus de responsabilités, mais je n'ai pas pour autant envie de bouffer tous les ballons et de me dire que je dois absolument marquer. Je laisse le jeu venir à moi et je veux juste rentrer dans le collectif. Après, oui, je dois plus attaquer mais je le ferais surtout en fonction de ce que la défense me proposera, histoire de retirer la pression sur les autres joueurs de l'équipe. "Un truc énorme en jeu" Que vous évoque l'un des objectifs de cet Euro, les Jeux Olympiques ? Les JO, c'est le rêve de tout athlète. Personnellement, j'ai toujours rêvé d'arriver dans un stade olympique avec le drapeau français pendant la cérémonie d'ouverture. Pour en arriver là, on sait ce qu'on a à faire. Qu'on a deux mois pour tout donner ensemble dans l'abnégation, dans le travail. On sait qu'il y a un truc énorme en jeu, donc on veut le faire. Pour parler de votre situation en club, on a évoqué des discutions avec le SLUC Nancy en cas de prolongation du lockout NBA. Vous confirmez ? Tout à fait. On en est encore au stade des négociations, comme avec d'autres clubs. Mais c'est vrai que Nancy est une piste très avancée. Vous voyez-vous dans un club non français si vous deviez revenir en Europe ? Pourquoi pas, je veux avant tout jouer dans un club qui joue l'Euroligue, parce qu'avec la NBA fermée, j'ai envie de jouer dans le meilleur championnat mondial actuel. Mais ce que je préférerai, c'est rester en France. Ça fait 3 ans que je suis assez loin de mon pays, de ma famille et j'aimerai bien que ce soit plus facile pour elle de venir me voir jouer. Donc un club français qui joue l'Euroligue, ça peut être intéressant. Quel délai de réflexion vous laissez-vous ? Je pense que ma décision interviendra avant le mois d'Août. Je me laisse encore deux ou trois semaines pour réfléchir à tout ça. Est-ce que ces histoires de lockout ou de transfert ne viennent pas perturber cette préparation à l'Euro ? Pas du tout. Ça fait deux ans que je suis préparé au lockout, donc maintenant j'attends de savoir quand ça se terminera. Mais je ne prends pas la tête avec tout ça, je ne me suis d'ailleurs jamais pris la tête avec la NBA, si ce n'est peut-être avant la draft. Le plus important en ce moment, c'est ici, c'est l'équipe de France. Le reste, on verra plus tard. Mais je ne m'inquiète pas. Comment vivez-vous tout de même cette possible absence de saison NBA ? J'espère qu'elle va reprendre. La ligue me manque un peu, surtout après la bonne année qu'on vient de faire avec Portland. La défaite face à Dallas a été frustrante, d'autant plus avec le titre des Mavs derrière. J'aurai aimé retourner à Portland après l'Euro pour m'entrainer, après comme ça se passe dans les bureaux, je ne peux pas faire grand-chose. Pour en revenir à l'équipe de France, qu'avez-vous appris des erreurs de ces dernières années ? Qu'il faut arrêter de calculer. On s'est fait trop souvent avoir, notamment sur le match de la Nouvelle-Zélande l'an passé. On sait qu'on peut être la meilleure défense, et on l'a déjà prouvé il y a deux ans. Si on sait défendre, on va être difficilement jouable. Cette équipe peut tout faire. Scorer, passer, prendre les rebonds, etc... Il faut qu'on reste une équipe soudée et athlétique. Et puis, on parle beaucoup des joueurs NBA mais il y a des joueurs qui ont plus d'expérience dans ce groupe par le biais de l'Euroligue. C'est clairement un plus. Deux mois de préparation jusqu'à l'Euro, ça ne vous parait pas un peu long ? Non. Deux mois, c'est ce qu'il faut. C'est la première fois qu'on est réellement tous réunis. Il faut qu'on trouve cette cohésion que les autres grandes nations, comme l'Espagne, la Serbie ou autres, ont déjà. C'est à nous de créer ça. Et je le sens bien.