Abidal, un latéral recentré

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Abidal, un latéral recentré
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EQUIPE DE FRANCE - Le latéral gauche du Barça se voit replacé dans l'axe avec les Bleus.

EQUIPE DE FRANCE - Le latéral gauche du Barça se voit replacé dans l'axe avec les Bleus.Eric Abidal appartient à cette génération de transition qui a côtoyé les Zinedine Zidane et Lilian Thuram, ces héritiers directs des champions du monde 1998 qui, soutenus par leurs anciens, ont bien failli récidiver à la surprise générale en 2006. A cette époque, celle de cette malheureuse finale perdue contre la Squadra Azzurra, le Lyonnais d'alors célébrait sa 14e sélection dans le couloir gauche, comme en club. Une évidence pour un Raymond Domenech qui n'avait pas hésité à lui offrir sa première cape deux ans plus tôt, contre la Bosnie, lors de son intronisation à la tête des Bleus.Seulement les temps, comme les cadres, changent. Thuram essoufflé, puis retraité, la charnière centrale tricolore s'est retrouvée sans repère, en quête depuis lors de certitudes et de sérénité. Le fiasco de l'Euro 2008, symbolisé par l'expulsion d'Abidal, justement, contre l'Italie, témoigne de ce malaise. Malgré la constance de l'indéboulonnable Williams Gallas – hors blessure – l'axe de la défense bleue se cherche encore et le latéral gauche barcelonais s'impose comme la meilleure des alternatives possibles en association avec le Gunner, du moins aux yeux du sélectionneur national."Avec William, cela se passe bien"Ce rôle contre-nature en apparence, Eric Abidal s'en accommode, lui le boute-en-train insoupçonné, toujours ravi de rejoindre les rangs de l'équipe de France: "C'est vrai que si je me rate, l'attaquant se trouve en un contre un avec le gardien. Alors que quand je suis latéral, je suis au moins couvert par un défenseur central, admettait-il dernièrement devant la presse. Mais c'est mon poste de prédilection. Donc j'assume mon rôle avec plaisir. D'autant qu'avec William, cela se passe bien."Le 4-3-3 nouvellement adopté, étrenné contre le Costa Rica et confirmé face à la Tunisie, ne le dérange manifestement pas plus. "Ce système, c'est tout nouveau, il faut trouver des automatismes, parler entre nous et identifier les problèmes de placement. Le 4-3-3 nous permet d'exploser rapidement vers l'avant en s'appuyant sur des joueurs qui vont vite devant. Le tout, c'est de bien gérer les temps forts et les temps faibles, de mettre des choses en place pour supporter les contres comme il faut." Auteur d'une prestation correcte face aux Costaricains, le Rhodanien de naissance a alors fait parler ses qualités premières – sa vitesse et sa puissance –, parfois contraint d'assurer les arrières d'un Patrice Evra plus offensif que lui ne l'était lorsqu'il occupait le flanc gauche. Le but adverse inscrit ce soir-là, il en prend volontiers la responsabilité: "Soit tu fais le bon choix, soit le mauvais choix. Là, j'ai hésité et au final j'ai reculé. La frappe a fait mouche. Ça reste un détail à rectifier, mais ce genre de détail peut faire perdre les matches." Il en a eu la preuve quatre jours plus tard à Radès, oubliant Jemaa sur le but tunisien. Bien moins sûr, rappelé sur le banc à la pause, le Barcelonais n'a pas levé les doutes sur son adaptation à un poste qu'il n'occupe que quelques matches par an...