Une année sans Français

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Yannick SAGORIN , modifié à
ROLAND-GARROS - Aucun Français n'a atteint la deuxième semaine des Internationaux en 2010.

ROLAND-GARROS - Aucun Français n'a atteint la deuxième semaine des Internationaux en 2010.Les augures avaient parlé... L'hécatombe du premier tour n'indiquait rien de bon. Passés les deux premiers échelons, les Français n'étaient déjà plus que trois en lice, tous genres confondus. Ce week-end, seuls Jo-Wilfried Tsonga, Aravane Rezaï et Marion Baroli restaient debout, rescapés d'un contingent massif de 31 Tricolores (19 messieurs, 12 dames). Avec la suite que l'on connaît... A ce stade de la compétition déjà, le fiasco était d'ampleur historique. Depuis 1968 et le début de l'ère Open, une telle déconvenue pour le pays hôte n'était arrivée qu'à deux reprises, en 1969 et 1977.A l'échelle masculine, la gifle s'avérait plus cinglante encore. Jamais depuis quinze ans il n'y avait eu qu'un Français au troisième tour du Majeur parisien – une désillusion essuyée trois fois seulement par le passé, en 1969, 1993 et 1995. A l'époque, les survivants se nommaient Georges Goven, Rodolphe Gilbert et Arnaud Boetsch. A titre de comparaison, l'an dernier, sept locaux de l'étape avaient franchi les deux premiers tours dans le seul tableau masculin ...Evidemment, la suite n'aura pas été plus réjouissante. Au lendemain des évictions d'Aravane Rezaï et Marion Bartoli, respectivement écartées par la Russe Nadia Petrova et l'Israélienne Shahar Peer au stade du troisième tour, Jo-Wilfried Tsonga n'a pu faire honneur à son rang de huitième de finaliste, dimanche, contraint à l'abandon face au Russe Mikhail Youzhny au bout d'une demi-heure de jeu, en raison d'une probable lésion aux adducteurs. Une blessure fatale aux derniers espoirs bleus.Forget n'est pas alarmistePour la 14e fois de l'histoire de l'ère Open – la première depuis 2007 et l'élimination de Marion Bartoli devant Jelena Jankovic en huitièmes – pas un Français ne se trouve donc au rendez-vous de la deuxième semaine du tournoi du Grand Chelem terrien. Bien sûr il y a trois ans, l'impact avait été plus important encore chez les hommes puisque ni Michaël Llodra, ni Gaël Monfils, ni Edouard Roger-Vasselin, ni Olivier Patience, ni Paul-Henri Mathieu ne s'étaient montrés capables de passer les trois premiers écueils. Mais le constat n'en reste pas moins inquiétant.Pour Patrick Mouratoglou, l'entraîneur d'Aravane Rezaï - de loin celle qui peut nourrir le plus de regrets côté tricolore après sa défaite en trois sets et deux jours contre Nadia Petrova – ce bilan médiocre n'est pas une surprise. "Nous ne cessons de constater depuis plusieurs décennies maintenant, que le tennis français produit de nombreux joueurs de très grande qualité, mais très peu véritablement performants dans les tournois majeurs, souffle-t-il dans les colonnes de 20 Minutes. Or j'ai personnellement le sentiment de vivre les mêmes déceptions année après année. Il est grand temps de faire le bilan, mais que ce bilan serve de point de départ à une véritable politique de changement, faute de quoi l'histoire continuera de se répéter."Guy Forget, lui, est moins critique, choisissant de retenir le match encourageant de Richard Gasquet devant Andy Murray au premier tour, soulignant le manque de préparation d'un Gaël Monfils contraint à l'arrêt deux mois durant pour soigner une blessure contractée en Coupe Davis ou rappelant l'absence d'un Gilles Simon potentiellement capable de rallier cette fameuse seconde semaine. "Effectivement, ce Roland-Garros 2010 n'était pas une bonne cuvée, admet-il dans les pages de L'Equipe. Mais si Jo était en quarts de finale et Aravane avait concrétisé une de ses balles de match, on aurait dit que ce n'était pas si mal. Je ne pense pas que ce soit catastrophique." Les chiffres tirés des archives sont moins indulgents...