Couple de policiers tués dans les Yvelines : "il n'y a pas de loup solitaire dans l'histoire des attentats djihadistes"

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Pour le journaliste à France 24 Wassim Nasr, spécialiste du djihadisme, l'auteur du meurtre du couple de policiers avait nécessairement des contacts avec Daech.

INTERVIEW

Le couple de policiers assassinés à son domicile, lundi soir, à Magnanville, a t-il été la cible d'un tueur isolé ? Pour Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des réseaux djihadistes, "il faut arrêter de parler de cette théorie des loups solitaires". "Dans l'histoire des attentats terroristes djihadistes dans le monde, il n'y en a pas", a justifié l'auteur de Etat Islamique, le fait accompli (éd. Plon), au micro d'Europe 1 mardi.

Soutiens logistiques. Selon lui, en effet, "on découvre à chaque fois qu'il y a des ramifications, des contacts, des soutiens logistiques" entre ces auteurs d'attentats et Daech. "Il y a toujours, en arrière-plan, des gens qui aident." C'est pourquoi le journaliste préfère, lui, "parler plutôt de meutes". Dans l'assassinat du couple de policiers, le principal suspect, Larossi Abballa, a en outre été "adoubé" par l'organisation Etat islamique, qui a revendiqué son acte terroriste. "Dans la revendication, l'EI le qualifie de soldat du califat, ce qui n'est pas rien", explique Wassim Nasr. Ce terme signifie que l'auteur présumé "connaissait des gens qui sont déjà dans les rangs de l'Etat islamique". 

Pas de récupération "opportuniste". Pas question, donc, de penser à une récupération "opportuniste" de la part de Daech. "Il avait bien un lien, aussi distendu soit-il", assure le journaliste, qui rappelle que Daech ne revendique pas tout et n'importe quoi. L'organisation s'était notamment gardé de revendiquer le crash de l'avion EgyptAir, en mai dernier. Et pour cause : il s'agissait d'un accident.

Des autorités impuissantes. Quant à savoir si les services de police et de renseignement ont failli, alors que Larossi Abballa avait déjà été condamné en 2013, Wassim Nasr a rappelé que la France est "un État de droit". "Tant qu'il n'a pas commis quelque chose qui lui vaut une incarcération, il restera libre. Il avait fait son temps, il était fiché S, qu'est-ce que les autorités auraient pu faire de plus à partir du moment où il n'y avait aucun signe tangible de préparatifs d'un attentat terroriste ?"