Violences dans les espaces publics : les jeunes femmes des grandes villes les plus touchées

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Violences dans les espaces publics : les jeunes femmes des grandes villes les plus touchées
Les jeunes femmes sont plus souvent victimes de violences dans les espaces publics@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Les femmes de 20 à 24 ans vivant dans une grande ville sont plus les touchées par les violences sexistes dans l'espace public.

Sifflements, drague importune, insultes, agressions physiques ou sexuelles... Les jeunes femmes des grandes villes sont les plus touchées par les violences dans les espaces publics, selon une étude de l'Institut national d'études démographiques* (Ined) publiée jeudi.

Les citadines sont plus touchées. Une femme sur quatre (25%) dit avoir été victime d'au moins une violence dans la rue, les transports ou autres lieux publics pendant l'année précédant l'enquête. La plus forte proportion (20%) fait état de sifflements et d'interpellations sous prétexte de drague, décrits dans une large majorité des cas comme sans gravité par les intéressées. Ces violences interviennent le plus souvent dans les grandes villes : les habitants d'Ile-de-France sont les plus nombreux à en déclarer dans l'enquête, tandis que les habitants des zones rurales sont ceux qui en déclarent le moins.

 8% des femmes interrogées déclarent avoir été la victime d'au moins un fait grave, relevant le plus souvent de violences physiques ou sexuelles. Chez les hommes, 14% déclarent au moins une violence, dont 5% font état d'au moins un fait qu'ils considèrent comme grave.

Victimes d'insultes, d'attouchements ou de propositions insistantes. Dans le détail, 8% des femmes interrogées disent avoir été au moins une fois la cible d'insultes. 3% disent avoir été suivies avec insistance, 2% avoir été victimes d'attouchements accompagnés parfois de baisers forcés, 1% de propositions sexuelles insistantes, tandis que 1% ont eu affaire à un exhibitionniste ou voyeur et 1% ont été frappées ou secouées brutalement.

Les 20-24 ans plus vulnérables. Ce sont les plus jeunes qui sont le plus souvent confrontés à des situations de violence dans l'espace public : 58% des femmes de 20 à 24 ans et 30% des hommes de cette tranche d'âge ont déclaré au moins un fait, et respectivement 21% et 10% au moins un fait grave.

Quatre millions de personnes concernées. Dans l'ensemble de la population, ces chiffres signifient que près de trois millions de femmes par an subissent dans l'espace public une situation de drague importune, et que plus d'un million subissent des situations de harcèlement et d'atteintes sexuels, a calculé l'Ined. Les hommes sont pour leur part plus d'un million à avoir subi des insultes, et près de 750.000 à avoir subi des violences physiques.

Un délit d'outrage sexiste. Emmanuel Macron a confirmé le 25 novembre la création prochaine d'un nouveau délit d'"outrage sexiste", pour permettre à la future police de proximité de verbaliser les auteurs de harcèlement de rue. Cette disposition, qui sera incluse dans un projet de loi sur les violences sexistes et sexuelles devant être soumis au Parlement au premier semestre 2018, viserait des actes répétés de harcèlement, mais pas des situations telles que les sifflements.

*Cette étude analyse une partie des résultats de l'enquête "Virage" (violences et rapports de genre), réalisée en 2015 auprès d'un échantillon de 15.556 femmes et 11.712 hommes de 20 à 69 ans.