Villerville : du bénévolat pour éviter une hausse d'impôt

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Villerville : du bénévolat pour éviter une hausse d'impôt
La mairie de Villerville veut éviter une augmentation d'impôts.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Face à la baisse des dotations de l'Etat, le maire de la commune propose aux habitants de donner un peu de leur temps afin d'éviter une hausse des impôts.

Trois heures de bénévolat pour la commune dans l'année et en échange, pas de hausses d'impôts. C'est la proposition surprenante du maire de Villerville, dans le Calvados, à ses administrés. Ce village du littoral de la Manche qui compte 800 habitants l'hiver et plus de 4.000 l'été n'a pas augmenté ses impôts locaux depuis 19 ans. Cependant, face à la baisse des dotations de l'Etat, et pour éviter de déroger à cette stabilité, le maire vient de proposer aux habitants de donner un peu de leur temps. L'objectif : faire des économies.

Baisse de la dotation de l'Etat. Dans la commune, la dotation de l'Etat baisse de 30.000 euros cette année, un vrai trou dans le budget. Pour faire face sans augmenter les impôts, le maire Michel Marescot demande donc un coup de pouce aux habitants. "Tous les jours on essaye de réduire les dépenses de fonctionnement, on compresse, on compresse, mais il y a un moment où il faut trouver des solutions", explique-t-il. "C'est une main tendue vers les administrés pour qu'ils viennent donner un peu de leur temps à la vie du village : accompagner les enfants de l'école à la piscine ou encore couper une haie".

Une participation basée sur le volontariat. A la mairie, les idées ne manquent pas, mais rien ne sera obligatoire, la participation sera basée sur le volontariat. Dans les rues certains sont tout de même déjà partants. "C'est une bonne idée, on se rend utile, c'est notre village, ça fera du bien à tout le monde", témoigne l'une d'entre eux. Elle voit également dans cette initiative un autre avantage, "cela permettra aussi aux gens d'apprendre à se connaître", salue-t-elle. Pascal, lui, est prêt à aider dans le domaine de ses compétences. "Dans le domaine de l'électronique je peux aider, dépanner des machines c'est possible", avance-t-il. "Ce serait trois heures par mois il faudrait trouver le temps, mais trois heures dans l'année, il y a toujours un moment où on peut le faire", conclut-il.

"Y participer c'est autre chose". Plus discrètement certains s'interrogent cependant sur la répartition de l'effort. Les propriétaires de résidences secondaires qui viennent y passer du bon temps l'été vont-ils jouer le jeu, aider à désherber les trottoirs ? Tous ne semblent pas convaincus. L'un d'entre eux apprécie que "cela peut être une bonne idée", mais avouent qu'y participer "c'est autre chose". "Je me vois pas désherber là. C'est peut-être égoïste, mais j'ai donné", conclut-il.

Dans tous les cas le système sera mis en place rapidement et, pour les volontaires, un système d'inscription sera proposé en marie dans le courant du mois d'avril.