Vidéosurveillance à Nice : le chef de la police nationale dédouane Cazeneuve

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Vidéosurveillance à Nice : le chef de la police nationale dédouane Cazeneuve
@ GEORGES GOBET / AFP
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Le chef de la police nationale a affirmé que le ministère de l'Intérieur n'était pas intervenu auprès de la police municipale chargée de la vidéosurveillance lors de l'attentat de Nice.

Ni Bernard Cazeneuve, ni son cabinet ne sont intervenus auprès de la police municipale niçoise pour lui faire modifier un compte-rendu sur le dispositif déployé à Nice le 14 juillet, a assuré dimanche à la presse le patron de la police nationale. Récusant les accusations en ce sens d'une policière municipale de Nice, Sandra Bertin, Jean-Marc Falcone a estimé que "les polémiques et manipulations qui portent atteinte à la police nationale, à ses dirigeants et à son ministre" devaient "cesser". Selon le directeur général de la police nationale (DGPN), ses fonctionnaires ont été "mis en cause dans des conditions qui ne sont pas acceptables".

"Nous confirmons les propos du ministre". "Il est exact" que la police nationale a "envoyé au Centre de supervision urbain de Nice" un commissaire, puis un commandant, "pour obtenir grâce à la vidéosurveillance la chronologie des événements du 14 juillet au soir", a expliqué Jean-Marc Falcone lors d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur. Le rapport de Sandra Bertin, "adressé au maire de Nice", "a été transmis en copie" à "l'état-major de la sécurité publique en deux formats, un format PDF et un format modifiable", "tout simplement pour permettre une technique de copier-coller pour faciliter la rédaction de la note", a-t-il ajouté. "Nous confirmons donc en tous points les propos du ministre selon lesquels à aucun moment ni son cabinet ni lui-même n'ont eu à intervenir dans le cadre de cette remontée classique et traditionnelle d'informations", a-t-il insisté. "Je suis sur ce point formel."

Une plainte en diffamation annoncée. Le commissaire n'a d'ailleurs, selon le patron de la police nationale, "exercé aucune démarche destinée à modifier des documents ou des données, et encore moins à dicter les termes d'un rapport et le positionnement des forces de l'ordre". Face à cette nouvelle polémique sur la sécurité à Nice le soir de la fête nationale et de l'attentat qui a fait 84 morts, Bernard Cazeneuve a annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation. Le DGPN menace de porter plainte également, "ne pouvant accepter qu'il soit porté atteinte à la réputation des fonctionnaires de la police nationale". Mais il demande aussi à Sandra Bertin de faire connaître "sans délai" l'identité "des fonctionnaires ou du fonctionnaire qui se serait engagé dans une démarche inhabituelle". Si c'est avéré, "dans ma responsabilité (...) j'en tirerai toutes les conséquences", a-t-il assuré.