VIDÉO-Attentat de Nice : l’une des policières qui a abattu le tueur raconte

  • A
  • A
VIDÉO-Attentat de Nice : l’une des policières qui a abattu le tueur raconte
Toujours très choquée par ce qu’elle a vécu, la policière est encore en arrêt prés de deux mois après l'attaque.@ capture Youtube - UNITÉ SGP POLICE UNITÉ SGP/ WEB RADIO
Partagez sur :

TÉMOIGNAGE - Le soir du 14 juillet, Magali et ses collègues ont tiré sur le chauffeur du camion qui, au terme de sa course folle sur la Promenade des Anglais, a fait 86 morts.

Son geste a certainement sauvé la vie à de très nombreuses personnes. Le soir du 14 juillet, Magali était sur la promenade des Anglais. Elle fait partie des policiers qui ont tiré sur le terroriste après sa course folle. "Je n’oublierai pas son regard", avait dit d’elle Eric Ciotti, sur Europe 1, au lendemain du drame qui a fait 86 morts et 434 blessés.

"On a vu surgir ce gros camion blanc". "Au début, on a cru que c’était un gars bourré", raconte la jeune femme qui, près de deux mois après les faits, a accepté de se confier au syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière, dans une vidéo mise en ligne vendredi. Lorsque la foule, paniquée, prend la fuite, Magali et ses collègues, chargés de sécuriser le feu d’artifice, remontent la promenade des Anglais : "On n’avait pas d’informations. Nos radios ne marchaient pas. On est parti en sens inverse de la foule pour voir ce qui se passait, et on a vu surgir ce gros camion blanc qui percutait un scooter noir. […] J’ai cru tout de suite que c’était un gars qui était bourré. […] On est parti sur la cabine en criant au chauffeur de s’arrêter."

on est en tension, on se dit que tout va exploser.

Le chauffeur est abattu. Rapidement, les tirs fusent. "Sur le moment, on n'a pas le temps de comprendre ce qui se passe. On comprend juste qu’on se fait tirer dessus. On a l’image de ce canon en face des yeux". Le camion est finalement immobilisé au bout de deux kilomètres, notamment grâce à l’intervention d’un piéton qui a réussi à se hisser jusqu’à la cabine pour tenter de maîtriser le conducteur.

"On arrive et on tire avec nos collègues de la CDI [ la Compagnie départementale d’intervention, ndlr]. Quand j’ai vu sa tête sur le côté, en sang, je me suis dit, 'c’est fini', mais en fait ça n’est pas fini", poursuit Magali. "Sur le moment, on n'a aucune satisfaction, on est en tension, on se dit que tout va exploser".

"Je n'ai plus aucune certitude". Très émue pendant son témoignage, la policière est encore en arrêt aujourd’hui, toujours toujours très choquée par ce qu’elle a vécu. Elle avoue douter désormais de l’action des forces de l’ordre : "D’une manière générale, je me pose la question du sens de mon métier aujourd’hui. Je me dit : 'est-ce qu’aller faire des choses anodines au lieu d’ouvrir les yeux sur l’état actuel des choses, le terrorisme, tout ce qui se passe et tout ce qu’il y aurait à faire… je me demande si c’est intéressant de continuer à faire des barrettes de shit, à mettre des PV, si on ne peut pas utiliser notre force autrement". "La police, c’est ma passion, mais là, je n'ai plus aucune certitude. Je me vois flic, je me vois continuer, mais je me vois aussi partir", conclut-elle.