Verbalisée pour avoir porté un voile à la plage : "je suis révoltée"

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La police cannoise a demandé à Siam, estivante vêtue d’un hijab, d’enlever son voile pour respecter l’arrêté anti-burkini. Sur Europe 1, elle dit son désarroi et sa colère.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

C’est un nouvel épisode de la polémique sur l’arrêté anti-burkini pris par plusieurs municipalités balnéaires du sud de la France. Début août, Siam, une Toulousaine venue passer ses vacances à Cannes, profitait de la plage. Venus à sa hauteur, les agents de police lui ont alors demandé d’enlever son hijab, le foulard islamique traditionnel, ou de bien vouloir quitter les lieux, comme l'a d'abord rapporté L'Obs.

Du burkini au hijab. Face à l’injonction, Siam oppose incompréhension puis indignation. Car dans la foulée, les forces de l’ordre lui lisent le fameux arrêté qui interdit l’accès à la plage à "toute personne n’ayant pas une tenue correcte, et notamment non respectueuse de la laïcité." Un arrêté qui a fait parler de lui car il fait directement allusion au burkini, ce maillot islamique recouvrant l’intégralité du corps. Sauf que Siam, elle, ne porte qu’un simple voile.

11 euros d’amende. Se sentant humiliée, en pleurs, elle se résout néanmoins à payer les 11 euros d’amende pour pouvoir rester en bord de mer. Non sans réagir, choquée, au micro d’Europe 1 : "Aujourd’hui on nous interdit la plage. Et demain la rue ?" La jeune femme retrace alors les échanges qu’elle a eus à ce moment avec les agents : "Le policier m’a demandé de mettre mon foulard que j’avais sur la tête et sur le cou en bandana, ce que j’ai refusé de faire. Il m’a précisé que si je ne voulais pas quitter la plage je serais verbalisée". 

"Une femme voilée ne peut plus aller à la plage." Mais rapidement, l’indignation reprend le pas sur le cours des événements : "une femme voilée ne peut plus aller à la plage. Je suis révoltée, moi j’ai envie qu’on puisse tous se promener sur la plage et dans la rue comme on a envie de l’être. On est dans le pays des libertés et des droits de l’Homme et aujourd’hui on me prive d’un droit, je ne vois pas de raison à ça. J’ai envie que les gens se réveillent et se disent que ce n’est pas acceptable en France."

Une plainte contre la municipalité ? Et c’est bien là où le bât blesse pour Siam, qui affirme avoir entendu des "rentrez chez vous, ici c’est un pays catholique" de la part des autres vacanciers qui auraient également applaudi l’intervention des policiers. Quoi qu’il en soit, les congés sont terminés pour Siam. Et la rentrée s’annonce chargée, puisqu’elle a contacté le comité contre l’islamophobie en France et songe à porter plainte contre la mairie de Cannes.