"Vatileaks" : Monseigneur Balda admet avoir livré des mots de passe

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"Vatileaks" : Monseigneur Balda admet avoir livré des mots de passe
Le procès "Vatileaks" juge cinq accusés dont deux journalistes pour la fuite de documents confidentiels du Vatican.@ GABRIEL BOUYS / AFP
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Cinq personnes, dont deux journalistes, sont jugées dans le procès "Vatileaks" pour fuite de documents confidentiels du Vatican.

Le prélat espagnol Lucio Angel Vallejo Balda, interrogé lundi à la reprise du procès "Vatileaks", a admis avoir livré à des journalistes des mots de passe de documents confidentiels. Il a décrit également une atmosphère de pressions et de chantage qui l'aurait fait craquer. "Oui, j'ai transmis des documents aux journalistes. J'ai livré une liste de cinq pages avec 87 mots de passe", a-t-il déclaré aux juges qui l'interrogeaient, en affirmant qu'il n'avait plus "toute sa lucidité" quand il les avait transmis, et qu'il était en plein stress dépressif et suivi par un psychiatre. 

Cinq personnes, dont deux journalistes, sont jugées dans le procès "Vatileaks" pour fuite de documents confidentiels du Vatican. Ce procès a repris lundi avec le début de l'interrogatoire du prélat espagnol Angel Vallejo Balda, proche de l'Opus dei. La consultante italienne en communication, Francesca Chaouqui, que Mgr Vallejo Balda accuse de l'avoir fait chanter et de l'avoir menacé, un autre prévenu italien, Nicola Maio, collaborateur du prélat espagnol, et le journaliste Emiliano Fittipaldi étaient présents à l'audience. L'autre journaliste accusé, Gianluigi Nuzzi, auteur du livre à succès Chemin de croix sur les malversations au Vatican, était absent et représenté par son avocat.

"Dangereuse manipulatrice"? Samedi matin, une audience à huis clos d'environ une heure s'était tenue. Cette audience "technique" avait permis de présenter les résultats des expertises réclamées par Mgr Vallejo Balda et Francesca Chaouqui, anciens membres ou collaborateurs de la commission COSEA chargée par le pape de le conseiller pour la réforme du système financier et économique du Vatican. Selon le prélat espagnol, Francesca Chaouqui est une dangereuse manipulatrice. Il l'a accusée d'être membre avec son mari des services secrets italiens. 

Déjà un premier scandale. Tous les prévenus risquent entre quatre et huit ans de prison. Ce nouveau scandale est le second après celui survenu en 2012 dans l'entourage de Benoît XVI, surnommé déjà "Vatileaks". Il touche indirectement le pape François, engagé dans une réforme difficile de la Curie et qui a souligné sa volonté de continuer la lutte contre la corruption.