Université de Strasbourg : découverte de restes de nouvelles victimes supposées d'expérimentations nazies

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Université de Strasbourg : découverte de restes de nouvelles victimes supposées d'expérimentations nazies
Les restes des 86 victimes du professeur Hirt ont été identifiés à l'institut médico-légal de Strasbourg@ PATRICK HERTZOG / AFP
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Les restes humains inconnus découverts dans des boîtes à l'Université de Strasbourg n'ont pas été identifiés comme ceux des victimes du professeur Hirt.

Les murs de l'Université de Strasbourg ont été les témoins des expérimentations sur des Juifs du professeur SS August Hirt entre 1941 et 1944. Depuis la Libération, la faculté de médecine assurait ne plus posséder aucune trace de ces expériences dans ses collections. Et pourtant, une commission d'enquête historique a découvert une vingtaine de boîtes contenant des restes humains portant le nom de Hirt, rapporte France Bleu Alsace samedi. Il s'agit désormais de les identifier.

D'une "vieille rumeur" à une commission d'enquête. Après la découverte des restes de 86 victimes du nazisme en 2015, un livre du médecin Michel Cymes, Hippocrate aux enfers, avait lancé une polémique. Il y affirmait que l'université de Strasbourg conservait encore des restes de ces victimes.

Pour mettre fin à cette "vieille rumeur", la faculté avait mandaté une commission historique et indépendante présidée par deux professeurs de Berlin et d'Oxford. Tous les restes humains contenus dans les collections de l'institut d'anatomie ont alors été passés au peigne fin. Un "travail colossal", a détaillé Christian Bonah, professeur d'histoire des sciences à l'université de Strasbourg auprès de France Bleu. 

Des restes humains à identifier. C'est au cours de cette enquête qu'une vingtaine de boîtes portant le nom de Hirt qui contiennent des lames d'études renfermant des restes humains et 160 thèses de médecine produites entre 1943 et 1944 ont été découvertes. Des éléments qui, s'ils ne prouvent pas qu'ils font partie des expérimentations du professeur SS, montrent une accélération de la recherche "destinée à servir les thèses raciales et les expérimentations médicales du nazisme", a précisé Mathieu Schneider, vice-président de l'université de Strasbourg. 

"C'est cette histoire que nous devons écrire". "Malheureusement nous avons dû héberger dans nos murs une université qui a commis des crimes. C'est cette histoire que nous devons écrire", a-t-il ajouté. De 1939 à la Libération, étudiants et professeurs de l'université s'étaient réfugiés à Clermont-Ferrand. Le professeur Hirt avait alors fait disséquer 86 déportés d'Auschwitz, gazés à Struthof, pour se constituer une collection de squelettes.