Une fillette exclue de la crèche pour épilepsie, ses parents saisissent la justice

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La petite fille avait jusqu'alors été bien suivie dans l'établissement. L'arrivée d'une nouvelle directrice est à l'origine de son expulsion.

Rose, 2 ans, est épileptique. Sa maladie a conduit la crèche, où elle allait, à l'exclure sans préavis en avril dernier. Ses parents ont décidé de saisir la justice : le procès s'ouvre vendredi au tribunal correctionnel d'Alès (Gard). 

"Ignorance sur l’épilepsie". Pourtant la petite fille évolue grâce à un traitement administré en quelques secondes par voie buccale en cas de convulsions. Elle n'a d'ailleurs fait qu'une seule seule crise en un an avec un protocole qui a été intégré par le personnel de la crèche. Mais l'arrivée d'une nouvelle directrice a fait tout basculer, par ignorance sur l'épilepsie, souligne Emilie, la maman de Rose : "C'est votre enfant pour moi est différent, rentrez-chez vous ou alors allez voir un institut spécialisé pour enfants handicapés, ils sauront surement s'en occuper. On pleure à la maison en se demandant ce qui nous arrive. Notre fille n'a plus de place en crèche du jour au lendemain. Là, la vie s'arrête et c'est la double peine. C'est une question de volonté, de vivre-ensemble."

L’espérance d'une jurisprudence. D'autant que les neurologues sont formels, la petite fille doit être sociabilisée. Aujourd'hui, les parents soutenues par l'association France Epilepsie, partie civile, espèrent que la décision de justice fera jurisprudence. "On a beaucoup parlé de l'autisme, des enfants porteurs d trisomie, on ne parle jamais de l’épilepsie, parce que l’épilepsie fait peur. On pense que la place des épileptiques, c'est de rester dans l'ombre, poursuit la maman. Il serait temps qu'en France, on mette toute en place pour que tous les enfants puissent vivre ensemble. On veut que Rose soit fière de nous, ajoute-t-elle, très émue. Aujourd'hui, la fillette se porte très bien en poursuivant son intégration dans une autre crèche.