Une enseignante ayant tenu des propos antisémites condamnée à 1.500 euros d'amende

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Une enseignante ayant tenu des propos antisémites condamnée à 1.500 euros d'amende
Le tribunal a déclaré cette professeure du lycée Janson-de-Sailly coupable du délit de contestation de crime contre l'humanité et diffamation raciale.@ JEAN-PIERRE MULLER / AFP
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Cette professeure d'anglais en classe préparatoire littéraire avait affirmé sur son compte Facebook que "la Shoah a été prévue et organisée par des Juifs".

Une enseignante d'un grand lycée parisien qui avait publié un message révisionniste et antisémite sur son compte Facebook, accessible aux élèves, a été condamnée jeudi à une amende de 1.500 euros. En 2016, cette professeure d'anglais en classe préparatoire littéraire au lycée Janson-de-Sailly (16ème arrondissement) avait affirmé sur son compte Facebook que "la Shoah a été prévue et organisée par des Juifs". Le tribunal l'a déclarée coupable du délit de contestation de crime contre l'humanité et diffamation raciale.

Absente à son procès en raison de son état psychologique. Elle devra également verser 500 euros de dommages et intérêts à plusieurs associations qui se sont constituées parties civiles, dont la Licra (Ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme) et SOS Racisme. L'enseignante, suspendue et en arrêt maladie de longue durée, n'était pas présente à son procès en octobre en raison de son état psychologique. Son avocat avait demandé une expertise psychologique mais le tribunal a rejeté cette demande.

Avant le message qui lui a valu d'être poursuivie, elle avait déjà publié ou relayé d'autres propos complotistes ou antisémites. Âgée de 53 ans, la professeure invitait en fin d'année ses élèves à rejoindre son large groupe d'amis sur Facebook et plusieurs propos qu'elle a tenus dans ce cadre avaient fuité dans la presse pendant l'été 2016. Elle avait été suspendue en août 2016 et s'était déclarée en arrêt maladie.

Elle admet avoir parfois réagi sous l'emprise de l'alcool. Devant les enquêteurs, elle a expliqué être diagnostiquée bipolaire et a admis avoir parfois réagi à l'actualité sur les réseaux sociaux sous l'emprise de l'alcool. Elle a aussi déclaré avoir été très marquée par les assassinats commis par Mohamed Merah en 2012 et l'attentat contre Charlie Hebdo en 2015.

La prévenue, "irréprochable dans le cadre de son activité professionnelle", "délirait régulièrement" le soir devant son ordinateur, sur fond d'alcool et de troubles psychiatriques, avait raconté son avocat, Me Philippe Meilhac, lors du procès. Elle est dans un "schéma d'autodestruction", avait-il ajouté.