Une commune des Alpes-Maritimes interdit la chicha dans l'espace public

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Une commune des Alpes-Maritimes interdit la chicha dans l'espace public
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une séance de chicha peut être équivalente à 20 à 30 cigarettes.@ MARWAN NAAMANI / AFP
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Charles Scibetta, maire sans étiquette de Carros dans les Alpes-Maritimes, déclare vouloir mettre fin à un "fléau sanitaire".

Le maire d'une petite ville des Alpes-Maritimes, assailli de plaintes visant les fumeurs de narguilé (ou chicha) qui accaparaient les bancs publics et se disant très inquiet pour la santé de ses administrés, a pris un arrêté municipal pour bannir cette pratique. Maire sans étiquette de Carros depuis deux ans, Charles Scibetta assure qu'il a multiplié les démarches pédagogiques auprès des jeunes adeptes du narguilé, avant de se résoudre à cette interdiction visant à mettre fin à un "fléau sanitaire" provoqué par une poignée de "récalcitrants".

Une "occupation ostentatoire est agressive". "Le fait d'avoir des jeunes qui se regroupent implique une privation de cet espace public pour les familles qui font un détour avec leurs enfants, éprouvent un sentiment de crainte et inhalent de la fumée", note l'élu, qui a réagi après 180 mains courantes au commissariat. "Cette occupation ostentatoire est agressive", estime le maire de la commune de 12.000 habitants.  Il déplore "un cas de brûlure d'un passant" et évoque "le mimétisme" d'enfants de 13 à 15 ans surpris à fumer dans des sous-sols de parkings. "C'est aussi une question de salubrité publique, quand les fumeurs quittent les lieux, le charbon de bois consumé est très sale", poursuit-il.

Revoir la réglementation. Le maire s'est inspiré d'un arrêté pris en 2014 par la commune d'Ermont dans le Val-d'Oise (27.000 habitants). "Aujourd'hui en centre-ville, on respire enfin et les trottoirs sont davantage fréquentés!", assure l'élu. Celui-ci souhaite une évolution de la réglementation française car les maires "sont démunis" face à ces pratiques. Depuis la récente entrée en vigueur de l'arrêté, trois procès verbaux ont été dressés. Le parquet peut décider de fixer l'amende de 11 à 38 euros, une somme doublée en cas de récidive, selon la mairie. Le texte interdit la consommation de narguilé dans un périmètre de 20 mètres aux abords des lieux d'habitation, des jardins publics, écoles, équipements sportifs et culturels, ainsi que dans les parkings publics et un certain nombre de rues et de places de la commune.

L'équivalent de 20 à 30 cigarettes. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une séance de chicha peut être équivalente à 20 à 30 cigarettes. La grande quantité de monoxyde de carbone dans le narguilé peut avoir des effets nocifs sur le système respiratoire, le système cardio-vasculaire, l'activité orale et les dents. Le narguilé, qui était jusqu'à récemment surtout fumé par des hommes âgés dans le monde arabe, devient de plus en plus populaire chez les jeunes en Europe et aux Etats-Unis.