Un lycéen menacé de mort après un journal spécial Charlie Hebdo

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Un lycéen menacé de mort après un journal spécial Charlie Hebdo
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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MOBILISATION - Un jeune lycéen de 17 ans a reçu des menaces de mort répétées pour avoir publié un journal spécial Charlie Hebdo. Des profs se mobilisent. 

Un élève scolarisé dans le Val-de-Marne a reçu des menaces de morts à plusieurs reprises depuis fin janvier pour avoir publié un journal spécial Charlie Hebdo. Rédacteur en chef du journal de son lycée, il a décidé de prendre la défense de l’hebdomadaire satirique depuis les attentats de Paris, fin janvier.

Droit de retrait et mobilisation. Plusieurs enseignants ont décidé d'exercer leur droit de retrait jeudi pour soutenir cet élève, inscrit en classe de première. Ces profs se sont rassemblés avec de nombreux élèves à midi devant l'entrée du lycée Marcellin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés.

"Un hommage aux victimes". En réaction aux attentats, Louis, 17 ans, avait fait paraître le 22 janvier un numéro spécial de "La Mouette bâillonnée", le journal du lycée. Dans ce numéro titré "Je suis Charlie", on retrouve des billets d'humeur, des poèmes, des dessins, mais aucune caricature de Mahomet. "C'était un hommage aux 17 victimes sans discrimination, pour les juifs, les journalistes, les policiers", explique Louis.

Un lycée très concerné par les attentats. L’établissement de Louis a été directement touché par les événements puisqu'un élève a perdu son père dans l'attaque de Charlie Hebdo. Le correcteur Mustapha Ourrad a été tué dans les locaux du journal à Paris. Une autre lycéenne a vu son oncle tomber sous les balles d'Amédy Coulibaly dans la prise d'otages de l'Hyper Cacher à Vincennes.



Croix gammée, cercueil et balles. Dès le lendemain de la diffusion du journal "Spécial Charlie", le rédacteur en chef de la gazette découvre dans la boîte aux lettres du journal une enveloppe contenant la Une du fameux numéro sur laquelle ont été agrafés une croix gammée, un cercueil et une lettre de menace de mort. Il dépose plainte au commissariat de Saint-Maur qui ouvre une enquête. Au total, sept menaces de mort lui ont été adressées depuis fin janvier, dont deux comportant une ou plusieurs balles.

Les profs remontés contre le silence du ministère. Louis est "très affecté psychologiquement" selon sa maman. Elle confie que son garçon n’arrive à "dormir que quelques heures par nuit", "ne peut plus sortir seul dans la rue". Elle raconte également qu’il se déplace avec "deux bombes lacrymogènes" en permanence sur lui. "Cela dure depuis des mois. Au début, nous n'avons rien dit pour laisser l'enquête se faire, mais rien de concret n'a été fait", déplore Pascale Morel, professeure d'histoire, pour justifier le débrayage. Elle s'indigne du silence du ministère de l'Education nationale, "qui a pourtant fait de la lutte contre le harcèlement l'une de ses priorités".