Charlie Hebdo appelle à l'interdiction des pesticides : "Les lobbies arrivent toujours à en refourguer", déplore Riss

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Charlie Hebdo appelle à l'interdiction des pesticides : "Les lobbies arrivent toujours à en refourguer", déplore Riss
Pour Riss, les pesticides sont un "problème de santé public mais aussi un problème politique". @ Europe 1
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Riss, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, invité mercredi au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1, regrette que les lobbies industriels viennent "court-circuiter la volonté populaire" en matière de pesticides.

INTERVIEW

Une centaine d'activistes et de simples citoyens réclament l'interdiction de "tous les pesticides" de synthèse dans un "appel des coquelicots", ouvert aux signatures et lancé mercredi dans un Charlie Hebdo spécial pesticides. "Lorsque vous ingéré des pesticides même en faible quantité, cela reste pendant des années et des années", déplore Riss, directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, invité mercredi au micro de Nikos Aliagas, sur Europe 1.

"On s'est amusé au journal à faire des tests, on a livré une mèche de cheveux à un laboratoire pour découvrir ce que l'on avait dans le corps uniquement sur le plan des pesticides. En moyenne, on a découvert 80 types de pesticides au journal", détaille le journaliste. 

"Un problème politique". Pour Riss, les pesticides sont un "problème de santé public mais aussi un problème politique". "Même quand vous avez la volonté politique de réduire les pesticides, vous avez des lobbies qui court-circuitent la volonté populaire, la souveraineté. Ils n'ont jamais été aussi puissants", déplore-t-il. "Quand vous parvenez à interdire un pesticide, dans le même temps les lobbies arrivent à en refourguer deux ou trois autres dans d'autres domaines que vous ne voyez pas. C'est une industrie qui doit diffuser sa production".

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Dans l'appel lancé par Charlie Hebdo, les signataires demandent le départ "volontaire ou non" de Roger Genet, le directeur général de l'Anses, l'agence nationale de la sécurité sanitaire et de l'alimentation. "En novembre 2017, Emmanuel Macron avait dit qu'il fallait supprimer le glyphosate dans les trois ans. Or Roger Genet disait le contraire quelques mois après", rappelle Riss. "On se dit à quoi bon élire des présidents ou des députés si ensuite des hauts fonctionnaires disent le contraire et font le contraire".

"Les citoyens doivent se mobiliser". Le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo en appelle aussi aux citoyens. "Ils doivent se mobiliser pour faire prendre conscience aux politiques que leur action n'est pas assez forte. Si les citoyens ne font rien, les politiques ne feront rien non plus", estime-t-il. "On a laissé les animaux être traités comme des objets, on le voit avec l'industrialisation de l'agroalimentaire, les objets sont truffés de produits chimiques et le dernier stade c'est nous. Nous aussi on est traité comme des animaux, des objets".