"Trop de prières", "un habit trop traditionnel" : épinglées par le Vatican, des religieuses de Mayenne entrent en résistance

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"Trop de prières", "un habit trop traditionnel" : épinglées par le Vatican, des religieuses de Mayenne entrent en résistance
Sœur Marie de Saint-Michel ne décolère pas face aux injonctions et aux menaces du Vatican@ François Coulon/Europe 1
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Dans le petit village de Saint-Aignan-sur-Roë, les religieuses de la Congrégation des Petites Sœurs de Marie veulent se battre. Le Vatican leur reproche une pratique trop rigoriste de la religion catholique, et veut leur imposer une nouvelle Mère supérieure.

REPORTAGE

Ces religieuses sont entrées en résistance… contre le Vatican. À Saint-Aignan-sur-Roë, en Mayenne, les 31 membres de la Congrégation des Petites Sœurs de Marie refusent l'arrivée d'une nouvelle Mère supérieure imposée par Rome.

La Mère supérieure bientôt mutée. Tout est parti d'une visite d'inspection diligentée par le Vatican, qui a abouti à un chapelet de griefs : "trop de prières, une gestion des sœurs trop cadrée, un habit religieux trop traditionnel…" L'Eglise catholique enjoint la congrégation à fusionner avec la maison de retraite, dont elle est la fondatrice, mais qui est gérée depuis par une association. Surtout, la supérieure actuelle a été suspendue et doit être mutée à 700 kilomètres du petit village de moins de 900 habitants, avec interdiction d'entrer en contact avec sa communauté.

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>> De 7h à 9h, c'est deux heures d'info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

"C'est un tsunami pour nous". Une décision qui ne convient pas du tout aux religieuses, dont la moyenne d'âge est de 67 ans. "On veut défendre nos valeurs, nos raisons d'exister. On dit au Vatican qu'on ne peut pas brader nos traditions. À un moment, c'est de l'objection de conscience", affirme Sœur Marie de Saint-Michel, au micro d'Europe 1. "C'est très douloureux, car c'est toute notre vie. C'est un tsunami pour nous, mais ça ne va pas s'arrêter là. S'il faut faire des actions, on les fera, on est prêtes", met en garde la religieuse.

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Sœur Marie de Saint-Michel ne décolère pas face aux injonctions et aux menaces du Vatican. Crédit photo : François Coulon/Europe 1

"On demande aux sœurs de se déshabiller". Les 31 membres de la congrégation risquent d'être prochainement relevés de leurs vœux par le Vatican, c'est-à-dire de redevenir des laïques. Dans leur lutte, elles sont épaulées par un comité de soutien, dont fait partie le maire de la commune, Serge Launoy. Il assure que les Petites Sœurs de Marie n'ont rien d'intégristes fanatiques, et dénonce un "deux poids-deux mesures".

"Aujourd'hui, on voit des prêtres reprendre les soutanes. Et chez nous, on demande aux sœurs de se déshabiller. On ne comprend pas", s'agace-t-il sur notre antenne. "La pire des choses qui peut arriver à une sœur, c'est d'être relevée de ses vœux. Et il faut avoir fait quelque chose de très grave. C'est comme guillotiner quelqu'un qui aurait volé une baguette de pain", s'énerve l'édile, qui entend bien se battre "au nom de la justice". 

Une pétition en ligne a déjà recueilli plus de 1.500 signatures pour soutenir la communauté.