Trafic de permis de conduire : un fonctionnaire et deux intermédiaires mis en examen en Seine-Saint-Denis

  • A
  • A
Trafic de permis de conduire : un fonctionnaire et deux intermédiaires mis en examen en Seine-Saint-Denis
Un fonctionnaire a été mis en examen et suspendu et deux intermédiaires écroués.@ MYCHELE DANIAU / AFP
Partagez sur :

Les codes d'un chef de service avaient été utilisés à son insu pour délivrer plus de 200 permis de conduire, vendus pour quelques centaines d'euros, en Seine-Saint-Denis.

Un agent de la sous-préfecture du Raincy, en Seine-Saint-Denis, et deux intermédiaires soupçonnés d'avoir monnayé plus de 200 permis de conduire ont été mis en examen en octobre, a-t-on appris mardi de source policière, confirmant une information du Parisien.

Les codes d'un chef de service utilisés à son insu. Les autorités de la sous-préfecture avaient découvert en 2015 que les codes d'un chef de service avaient été utilisés à son insu pour délivrer de vrais-faux permis de conduire, entraînant l'ouverture d'une enquête administrative et d'une information judiciaire, a relaté cette source. À la suite d'une "long travail d'identification des attributaires", les enquêteurs de la police judiciaire du département avaient placé en garde à vue deux fonctionnaires et plusieurs personnes suspectées d'avoir joué les intermédiaires avec les acheteurs.

Un fonctionnaire mis en examen et suspendu. L'un des deux agents a été mis en examen pour corruption et placé sous contrôle judiciaire, et deux intermédiaires ont été écroués, selon cette même source, qui a précisé que l'enquête était toujours en cours "pour déterminer des complicités éventuelles". La préfecture de la Seine-Saint-Denis a indiqué que le fonctionnaire soupçonné "avait été suspendu en juillet".

Pour quelques centaines d'euros. "Le prix des permis était variable mais tournait en général autour de quelques centaines d'euros, loin des prix pratiqués dans les Hauts-de-Seine", où une vaste escroquerie a été mise au jour au printemps dernier, selon la source policière. Dans le département de la banlieue ouest, des centaines de personnes fortunées, dont plusieurs hommes d'affaires et footballeurs, avaient ainsi pu obtenir le document sans passer l'examen. Le journaliste Ali Baddou avait reconnu sur Twitter avoir bénéficié de la combine, dans laquelle le papier rose se monnayait parfois au-delà de 10.000 euros. Un dirigeant d'auto-écoles de Neuilly, Patrick Antonelli, 39 ans, par ailleurs mari de la chanteuse Amel Bent, ainsi que trois fonctionnaires de la préfecture des Hauts-de-Seine, avaient été mis en examen pour corruption.