Tempête Xynthia : "ils sont tous morts là-bas"

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INTERVIEW E1 - Alors que s'ouvre lundi le procès de la tempête Xynthia, Gisèle Arnault, une rescapée qui a perdu son père lors des événements, revient sur ce traumatisme.

"Cette nuit qui revient !" Près de cinq ans après les faits, et alors que s'ouvre le procès de la tempête Xynthia, Gisèle Arnault garde intacte le souvenir de cette nuit meurtrière. Cette rescapée, qui a perdu son père dans la tempête survenue en février 2010, revient pour Europe 1 sur les faits qui ont bouleversé sa vie.

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"On se serait cru dans une tornade". Gisèle décrit d'abord le "vent impressionnant" qui n'avait pas interpellé plus que ça les riverains. Le calme avant la tempête. "Le début de soirée avait été normal. On a commencé à entendre le vent souffler : c'était impressionnant", se souvient-elle. Un vent impressionnant qui devient très rapidement inquiétant. "La lumière s'est éteinte. J'ai dit à Christophe mon conjoint qu'on avait une panne. Là, on entendait vraiment de plus en plus le vent qui se levait, les bourrasques de vent, on se serait cru dans une tornade !", poursuit Gisèle.

Ecoutez l'interview intégrale :

"J'ai vu des cascades d'eau arriver". Puis la mère de famille s'aperçoit qu'elle n'a pas affaire à une simple bourrasque. L'eau a en effet envahit son domicile. "Là, j'ai entendu ce fameux glou-glou, que tout le monde a entendu. J'avais de l'eau jusqu'aux genoux. J'ai éclairé du côté de la porte-fenêtre de la chambre, j'ai vu des cascades d'eau arriver. J'avais de l'eau jusqu'en haut des cuisses, il y avait plein de petites vaguelettes comme si on était dans la mer. J'ai vu Christophe, il a porté de l'eau à sa bouche : c'était de l'eau salée !"

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"Pépère il est mort". Le père de famille conseille alors à sa femme et ses enfants de se réfugier à l'étage. Là, la famille s'aperçoit des ravages causés par la tempête. "Ce que je voyais était horrible ! Mon père ne vivait pas loin. Christophe a découvert son corps. En arrivant, il a découvert une maison silencieuse, il a hurlé le nom de mon père, il s'est retourné vers la baie vitrée et quand il s'est approché, il a vu que c'était papa. Son sang s'est glacé. Je ne sais pas comment il a fait pour remonter. Il est venu, je suis sortie de la chambre. Il a dit : 'Pépère il est mort.' Je me suis mise à hurler. Ce n'était pas possible", se remémore douloureusement Gisèle.

"On n'a pas été prévenus". Aujourd'hui, la mère de famille espère que le procès permettra de comprendre pourquoi les habitants des zones à risques n'ont pas été prévenus. "Il est important parce qu'il faut qu'on sache pourquoi on n'a pas été prévenus. Je pense qu'il y a eu certains manquements", commente-t-elle. En attendant le dénouement de la justice, qui va tenter à partir de lundi de mettre en lumière les erreurs qui ont conduit à la mort de 29 habitants, logés dans des zones qui auraient dû être inconstructibles, Gisèle essaye "d'apprendre mieux à vivre avec".