Tariq Ramadan reconnaît avoir eu "une relation" avec l’une des plaignantes

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Tariq Ramadan reconnaît avoir eu "une relation" avec l’une des plaignantes
@ MEHDI FEDOUACH / AFP
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L'islamologue, qui niait jusqu'à présent toute relation avec les deux premières accusatrices, a reconnu avoir "entretenu" une relation avec Marie, la 3e plaignante. 

Changement de défense du côté de Tariq Ramadan. L’islamologue suisse accusé de viol par trois femmes en France (mais aussi une en Suisse et une aux États Unis) niait jusqu'à présent toute relation avec les deux premières femmes qui l’accusaient de viols. Mais d'après les informations d'Europe 1, confronté aux éléments de la troisième plainte, l'intellectuel reconnaît finalement avoir entretenu "une relation" avec cette dernière, surnommée Marie. Par ailleurs, Tariq Ramadan souffre bien d'une sclérose en plaque comme l'ont confirmé les médecins dans une expertise versée mercredi au dossier. Mais son état de santé n’est pas incompatible avec la détention

Comme le révélait Europe 1, cette quadragénaire originaire du Nord a versé des centaines de captures d’écrans d’échanges supposés entre elle et Tariq Ramadan. Des messages très crus à tendance sado-masochistes, des vidéos, des enregistrements audio. Marie a également fourni aux enquêteurs une robe qu’elle dit tachée du sperme de Tariq Ramadan, et dont on attend le résultat d’une expertise ADN. "Tariq Ramadan reconnaît avoir eu une relation avec cette femme, mais ça n’est pas celle qu’elle décrit", explique à Europe 1 son avocat, Me Emmanuel Marsigny. Marie* accuse l’islamologue de viols avec violences mais aussi de chantage et de menaces.

Des incohérences dans les deux premières plaintes. C’est la première fois dans ce dossier que l’islamologue reconnaît ne serait-ce qu’une relation extra-conjugale. En revanche, il continue de nier toute relation avec les deux premières plaignantes, avec qui il affirme n’avoir partagé qu’un café. Henda Ayari, par exemple, a décrit une chambre d’hôtel qui a été identifiée. Les enquêteurs s’y sont rendus et "l’agencement qui n’a pas changé depuis 2012, ne correspond pas", pointe Me Emmanuel Marisgny. Par ailleurs, une amie d’Henda Ayari, entendue dans ce dossier après l'avoir logée le lendemain des faits dénoncés, se souvient auprès des enquêteurs d’une femme non pas sous le choc mais "épanouie". 

Une photo en question. Quant à la 2e plaignante, Christelle (nom d'emprunt), qui raconte notamment avoir pris un bus au petit matin, les vêtements déchirés, le visage tuméfié, les enquêteurs ont recherché le chauffeur de bus avec qui elle aurait alors discuté. C’était en 2009, plusieurs ont été interrogés, pour l’instant aucun ne se souvient d’une telle scène.


A son sujet, Me Emmanuel Marsigny a déposé une autre pièce la semaine dernière, comme il l'a expliqué à Europe 1. "Une photo nous a été communiqués de la conférence du 9 octobre, et alors qu'elle prétend avoir été séquestrée dans la chambre d'hôtel pendant que M. Ramadan faisait une conférence, il semblerait en fait qu'elle soit assise au quatrième rang. Ceci est évidemment à prendre avec beaucoup de réserves parce que M. Ramadan ne l'a vue qu'une fois", explique l'avocat. "Nous avons demandé à ce que des investigations soient faites, ce d'autant qu'une conversation Skype de l'époque vient d'être communiquée au dossier où elle fait état d'un événement unique, à savoir qu'une femme a offert des fleurs à M. Ramadan (...) et seule une personne ayant assisté à la conférence peut avoir connaissance de cet événement", ajoute-t-il.

Un cliché qu’Europe 1 a pu consulter en version imprimée, sans pouvoir zoomer. C’est un plan large des premiers rangs d’un public où une femme ressemble à la plaignante sans qu’il soit possible d’être catégorique… Contacté par Europe 1, Me Eric Morain, l'avocat de Christelle, répond que "ce n'est évidemment pas elle et précise qu'elle portait le foulard à l'époque, ce qui n'est pas le cas sur la photo". Mais sur la base de ces éléments, l’avocat de Tariq Ramadan va déposer dans les prochaines heures une nouvelle demande de remise en liberté de son client.