Suicide d'une productrice de lait : "elle voyait que l'agriculture était face à un mur"

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Après le suicide d'une productrice de lait dans les Côtes-d'Armor, son entourage évoque une situation de "grande détresse" professionnelle. 

Le 54e Salon de l'Agriculture ouvre ses portes dans un climat de difficultés pour les agriculteurs. Jeudi, une productrice de lait des Côtes-d'Armor s'est suicidée, pendue à une poutre de la salle de traite de son exploitation de Plumieux où elle travaillait avec son mari et un associé.

Cette mère de deux enfants, âgée de 47 ans, a laissé un message disant qu'elle était désolée mais qu'elle ne supportait plus la situation. Fille d'agriculteur, elle faisait face à des difficultés financières, selon son oncle André.

L'agriculture, "face à un mur". "Elle travaillait beaucoup mais elle se rendait compte que tous les bénéfices qu'ils arrivaient à faire étaient volés par la grande distribution", confie-t-il à Europe 1. "Elle voyait que l'agriculture était face à un mur", poursuit l'oncle de la productrice de lait, "je suis sous le choc, ça me révolte". Depuis 2010, les producteurs vendaient leur lait entre 300 et 350 euros les 1.000 litres mais dès juin 2016 ce prix est passé sous les 280 euros.

"Il y en aura d'autres". Christophe, le voisin de la mère de famille, décrit une situation de détresse qui n'est pas isolée. Chez cette agricultrice, "il y avait un ras le bol : ne pas pouvoir vivre de son métier, on travaille mais on n'arrive pas à régler les dettes au jour le jour". "Il y en aura d'autres", prévient ce voisin, qui est aussi producteur de lait. "Il y a des gens qui sont en dépression, d'autres qui se réfugient dans l'alcool", poursuit-il tout en évoquant une "situation de grande détresse". 

Les producteurs de lait et de céréales sont les plus touchés par la crise qui traverse le monde agricole. Selon des chiffres de l'Insee publiés en décembre, le revenu moyen d'un chef d'exploitation agricole a diminué de 26,1% en 2016 par rapport à 2015.