Souris, moisissures, plafond effondré : l'école de la honte à Paris

  • A
  • A
Partagez sur :

Une école du 20ème arrondissement de Paris est dans un état déplorable. Les parents occupent l'établissement pour se faire entendre.

REPORTAGE

C'est l'école de la honte... En plein cœur de Paris, dans le 20ème arrondissement, l'école élémentaire Davout est occupée, plusieurs soirs par semaine, par des dizaines de parents d'élèves en colère. En cause, l'état déplorable de l'établissement. Les enfants sont confrontés depuis des années aux rats, excréments, moisissures et aux inondations. Pendant les vacances scolaires, quelques travaux minimes ont été effectués, mais il reste largement insuffisant aux yeux des parents.

300 kilos de béton prêt à tomber. Parmi les réparations effectuées, la remise en service de l'eau chaude. Après des mois de manquement, les enfants ne sont enfin plus lavés à l'eau froide. Malgré cela, les dangers restent nombreux, et le premier d'entre eux est visible aperçu dès la porte d'entrée. Juste au dessus de la porte, 300 kilos de bétons sont prêt à s’effondrer et sont retenus par de simples filets de protection. Une fois à l'intérieur, les problèmes sont partout. 

Moisissures et plafond effondré. "Il y a des moisissures dans l'établissement, mais ils ont mis des cache-misères et ils ont repeint par dessus", explique Zary, qui occupe l'école avec d'autres parents d’élèves. "Le faux plafond de la classe de CE2 est tombé et les fils électriques sont dénudés. Le professeur, pour ouvrir la fenêtre, devait prendre une règle, pousser le faux plafond puis fermer et ouvrir la fenêtre", raconte-t-elle. "Il y a aussi des trous de souris partout et notamment sous les éviers de chaque classe. En ouvrant l'évier, ils ont retrouvé encore d'autres trous", déplore-t-elle.

De nombreuses souris. Au milieu de cette situation, les 200 élèves de l'école, âgés de 4 à 11 ans ont repris les cours lundi. Plus que des promesses de la mairie, Lounida veut que ses enfants soient en sécurité, et les parents exigent sur papier une planification des travaux. "Mon fils est en maternelle et me pose des questions : 'maman, pourquoi dans la cantine il y a des souris ?'. En classe, ils voient des souris passer, c'est choquant", raconte-t-elle. "Ils ont réparé les carreaux cassés, mais tous les gros travaux et les souris, ils ne s'en occupent pas", regrette-t-elle.

Du côté de la direction de l'école, on jure que tous ces incidents sont consignés, un à un, depuis 2014, et remontés à la maire qui répond à chaque fois : "nous avons le matériel, mais nous manquons de temps pour réparer".