Serge Money, du rap de Mafia Trece aux prétoires des tribunaux

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Serge Money, un ancien rappeur du collectif Mafia Trece, est aujourd'hui un avocat pénaliste en pleine ascension.

INTERVIEW

Serge Money est passé d’Ivry-sur-Seine aux Champs-Elysées, des salles de concert aux tribunaux. Le rappeur, qui a connu pendant dix ans le succès au sein du collectif Mafia Trece sous les pseudonymes de Cochise, Coach ou encore Serge'M, est devenu un avocat pénaliste reconnu, élu 5ème secrétaire de la promotion 2015 de la prestigieuse Conférence du barreau de Paris. Il est notamment avocat dans l'affaire de la sextape de Mathieu Valbuena. "J’espère que lorsque je plaide, on ressent dans ma manière de parler quelque chose de différent, de plus fluide", explique-t-il au micro d'Europe 1.

"Une sorte d'injustice". Né en Côte d'Ivoire, Serge Money est arrivé en France à l’âge d’un an. Sa famille s’installe à Ivry-sur-Seine. "Lorsque l’on arrive, que l’on est tout petit et qu’on est différent, on le ressent tout de suite, dans tout ce qui est le quotidien. Donc quelque chose monte effectivement, une sorte d’injustice", relève-t-il.

Cette injustice, il en fait l’un de ses thèmes de prédilection lorsqu’il intègre Mafia Trece, dont fait également partie Diam's. Le succès est au rendez-vous et le jeune homme abandonne la fac de droit. Il sort un titre intitulé Je plaide pour la rue : "Mais j'ose, je plaide pour la rue / Mon macadam, la cime pour l'mac des dames, la ruine si on me pousse au crime". Prémonitoire ? Plutôt dans l’ordre des choses, puisque le métier d’avocat est bien la vocation première de Serge Money. "Depuis tout petit, je savais que j’allais devenir avocat. Le rap, ça a plutôt été une bonne surprise. Dans ce titre, on s’est dit 'On va personnifier la rue comme notre client'."

Serge Money interprète Je plaide pour la rue

"Lorsqu’on fait du pénal, c’est pour plaider". Dix ans après les avoir quittés, le rappeur se décide à retourner sur les bancs de la fac de droit. Lever le doigt en cours, passer la journée avec des étudiants tout juste sortis du lycée : l'atterrissage est rude. "Je restais dans mon coin", raconte l’ancien rappeur. Installé aujourd’hui dans un cabinet à deux pas des Champs-Elysées, l’avocat n’a pas choisi le droit pénal par hasard : "lorsqu’on fait du pénal, c’est pour plaider et pour rester, je pense, proche de ce qu’on est". "J’ai commencé en plaidant pour la rue, et aujourd’hui c’est par la rue que je plaide", résume-t-il en souriant. Et le rap ? Serge Money dit continuer à aligner les rimes et avoir commencé à écrire un livre. "C’est quelque chose qui fait partie de moi, c’est des choses que j’ai encore dans les tripes."