Samia Ghali : "La République n'aime pas les enfants de Marseille"

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La maire socialiste des 15 et 16e arrondissements de Marseille dénonce l'insalubrité des écoles de sa ville.

INTERVIEW

"La réalité est affligeante, désastreuse, triste." Sami Ghali, sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône et maire des 15 et 16e arrondissements de Marseille, n'avait pas de mots assez durs mardi pour dénoncer l'état de délabrement des écoles de sa ville, mis en lumière par un reportage photo publié dans Libération. En décembre, une enseignante des quartiers Nord de la ville avait déjà interpellé la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem avec une lettre ouverte dans laquelle elle décrivait un environnement mortifère pour les ambitions de l'école.

"L'école de la République, c'est le premier symbole pour des enfants qui arrivent à la maternelle", a-t-elle expliqué mardi, invitée du Club de la presse sur Europe 1. "On leur explique qu'ils doivent aimer la République, la respecter. Mais la République ne les respecte pas et ne les aime pas."

Entendu sur Europe 1
L'école de la République, c'est le premier symbole pour des enfants qui arrivent à la maternelle

"Apartheid social". Samia Ghali a ensuite énuméré les difficultés rencontrées dans différentes écoles sur l'ensemble de la ville : "une classe nauséabonde parce que vous avez des moisissures sur les sols ou les murs, une classe où vous devez garder votre veste parce qu'il fait froid, un tableau qui menace de tomber, des fenêtres condamnées parce qu'elles menacent aussi de tomber, une cour de récréation qui ressemble à un champ de bataille…" Pour la sénatrice, le maire Jean-Claude Gaudin est responsable de cette situation et elle appelle les services de l'Etat à se substituer à une municipalité qui "ne prend pas ses responsabilités".

Décrivant un "apartheid social", la sénatrice appelle à un sursaut pour des citoyens précarisés sur le terrain de l'éducation mais aussi de la santé. "Quand vous avez 44 médecins qui s'installent sur les quartiers Nord, vous en avez 250 qui s'installent dans les quartiers Sud", décrit-elle. "Et ça, c'est une réalité, c'est une situation que vous ne pouvez pas changer sauf à faire que les services publics viennent rééquilibrer." Face à un désert médical, "on est dans des situations dramatiques."