Salon de l'agriculture : "les échanges auront lieu derrière une teinte morose"

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Jean-Luc Poulain, patron du salon, revient sur une édition 2016 qui s'ouvre sur fond de crise agricole.

INTERVIEW

Le Salon de l'agriculture revient samedi. Et cette année, c'est une édition qui se déroule sur fond de crise des éleveurs. Pour le patron du salon, Jean-Luc Poulain, interrogé dans Europe 1 midi vendredi, il n'y aura que "le début de la fête". Car en arrière-plan du salon, on ne pas ignorer la crise des éleveurs qui dure depuis des mois. "A partir du moment où il y a un problème évidemment de revenus dans les exploitations agricoles, la fête ne sera pas complète", regrette Jean-Luc Poulain. 

"Une teinte assez morose". "Les échanges auront lieu mais ils auront lieu derrière une teinte assez morose", ajoute-t-il, précisant que pour le moment, il n'avait pas eu de défections annoncées ou signalées. François Hollande est notamment attendu à l'événement samedi. Dans ce contexte de crise, Jean-Luc Poulain "ne redoute pas" qu'il soit mal accueilli : "je pense qu'il va être attendu. Les agriculteurs et les éleveurs qu'il va rencontrer dans les allées, seront sans concessions sur les questions qu'ils vont poser", a-t-il souligné.

Un thème lié à la crise agricole. L'objectif, comme tous les ans, est en tout cas de réunir environ 650.000 visiteurs sur une dizaine de jours : "cela sera déjà un beau succès", indique Jean-Luc Poulain. Il y aura notamment un peu moins de ministres présents cette année, mais "plus de membres de l'opposition". Le thème choisi pour cette édition est le suivant : "Agriculture et alimentation citoyenne". Un thème destiné aux consommateurs dans le contexte actuel. "On sait que le citoyen veut que l'agriculteur produise de manière propre, écologique, compatible avec le bien-être animal... Cette même personne se dirige presque trop souvent sur le moins cher quand elle devient consommateur", explique le responsable, dénonçant "une dichotomie": "on ne peut pas produire avec des modes de production telles que le veut le citoyen à des prix telles que le veut le consommateur". 

>> Un événement à suivre sur Europe 1