Rennes : un jeune, meurtrier présumé d'un collégien, jugé devant la cour d'assises

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Rennes : un jeune, meurtrier présumé d'un collégien, jugé devant la cour d'assises
Le procès va s'ouvrir à la Cour d'assises de Rennes, cinq ans après les faits@ JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
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Après une altercation aux toilettes puis un échange de coups dans la cour, le mis en cause avait fait une clé d'étranglement à la victime, qui était tombée au sol.

Le procès du meurtrier présumé de Kylian, mort à 13 ans en 2012 des suites d'une altercation avec un camarade dans la cour de son collège, s'est ouvert mercredi devant la cour d'assises des mineurs de Rennes.

Étranglé lors d'une bagarre. L'accusé, âgé de 16 ans au moment des faits et qui a déjà effectué deux ans de détention provisoire, comparaissait libre. Kylian, élève de 5ème et joueur de foot prometteur, est décédé le 22 juin 2012 après avoir subi un étranglement lors d'une bagarre avec un autre élève dans la cour de récréation du collège de Cleunay, à Rennes.

Après une altercation aux toilettes puis un échange de coups dans la cour, le mis en cause avait fait une clé d'étranglement à la victime, qui était tombée au sol. Hospitalisé dans un état grave, il était décédé dans la nuit. L'autopsie avait permis de confirmer un décès dû à une strangulation. Selon plusieurs témoignages, le collégien de 16 ans, fils de réfugiés politiques tchétchènes et élève de 3ème, pratiquait la boxe.

"Mettre un baume" sur les blessures des parents. "L'objet du procès, c'est la réponse de la justice à un geste qui a abouti à la mort d'un gamin de 13 ans qui était aimé de tous", a déclaré Me Maryvonne Lozac'hmeur, avocate des parties civiles. "Je vais soutenir qu'il s'agit d'un acte d'homicide volontaire en raison de la violence du geste sur la victime, alors qu'elle était déjà à terre. Mes clients ne sont pas du tout dans un esprit de vengeance ou de haine, ils veulent que justice soit rendue", a-t-elle ajouté. "Ça ne va pas effacer leur peine ni réparer ce qu'ils ont perdu, mais ça peut mettre un peu de baume sur leur blessures", a poursuivi Me Lozac'hmeur.

Que l'agresseur soit jugé pour les faits, "pas plus pas moins". L'avocat de la défense, Me Antoine Vey, a indiqué de son côté qu'il allait "soutenir qu'en dépit de la tragédie qui frappe la famille de Kylian, notre client n'avait pas l'intention de le tuer". "Nous demandons à ce qu'il soit jugé précisément pour ce qu'il a fait, pas plus pas moins", a-t-il souligné, précisant son client avait accompli "diverses formations, notamment dans le bâtiment, depuis sa sortie de prison".

Jusqu'à 20 ans de prison. Le procès doit durer trois jours. L'accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle compte-tenu de l'excuse de minorité. La mort du jeune collégien avait fortement marqué l'opinion publique et plusieurs centaines de personnes avaient assisté à ses obsèques le 27 juin 2012.