Réfugiés de Calais : "Il faut que l'ensemble du territoire national participe à cet effort"

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Invité d'Europe 1, le député PS du Pas-de-Calais Yann Capet a appelé vendredi à un démantèlement progressif de la "Jungle", grâce à l'ouverture de places d'hébergement partout en France.

INTERVIEW

Après avoir annoncé la poursuite "par étapes" du démantèlement de la "Jungle" de Calais, Bernard Cazeneuve devrait prendre la parole depuis le plus grand bidonville de France, vendredi soir. Sans fixer de calendrier, le ministre de l'Intérieur a affirmé sa "détermination" sur ce sujet dans un entretien à Nord Littoral, jeudi. Un point de vue partagé par Yann Capet, député PS de la 7ème circonscription du Pas-de-Calais et conseiller municipal d'opposition à Calais : "la situation ne peut plus perdurer telle qu'elle est. Le démantèlement est un objectif partagé par tous", a-t-il affirmé sur Europe 1, vendredi.

"Un niveau d'exaspération inquiétant". Le processus de démantèlement doit connaître "une accélération, parce qu'il y a un niveau d'exaspération sur Calais qui est inquiétant", explique le député. "Le but, c'est que l'on trouve la transition nécessaire pour faire en sorte que le nombre de réfugiés baisse dans cette ville", poursuit-il. Une transition qui devra être progressive, selon Yann Capet. "On ne peut pas dire, comme le maire de Calais, 'je veux le démantèlement demain matin'", pointe le conseiller municipal. "Chacun sait que ce n'est pas responsable, il faut des conditions dignes pour les réfugiés, pour ces femmes, ces enfants, ces hommes (...), c'est un devoir de la patrie des droits de l'Homme de leur trouver des solutions".

Entendu sur Europe 1
"Il y a toujours eu des migrants à Calais"
Yann Capet, député du Pas-de-Calais

"Pas une seule porte d'entrée". Assurant que Bernard Cazeneuve annoncera la création de "milliers de places d'hébergement supplémentaires" dans des délais "extrêmement rapides", Yann Capet en appelle à la solidarité nationale. "Il y a toujours eu des migrants à Calais, ce serait un mensonge de dire que d'un seul coup il n'y en aurait plus. Mais il faut faire en sorte qu'on retrouve une forme de normalité dans le Calaisis", poursuit le député. "Il est, parmi les réfugiés, sans doute la moitié au moins qui souhaite faire une demande d'asile en France. Il n'y a pas qu'une seule porte d'entrée qui serait Calais, il faut que l'ensemble du territoire national participe à cet effort", estime-t-il, appelant également à ce que le sujet des migrants soit placé "au premier rang" des discussions entre la France et le Royaume-Uni.

Visite de Hollande "fin septembre début octobre". Quant à une éventuelle visite de François Hollande à Calais, Yann Capet confirme "qu'il viendra". "Ce sera fin septembre début octobre, il a effectivement confirmé sa venue. J'aurais souhaité qu'il vienne bien avant", explique le député PS. "Nicolas Sarkozy, qui est quand même à l'origine du déséquilibre, n'est lui jamais venu en tant que président de la République", ajoute-t-il. "Il y a eu deux démantèlements sous son quinquennat  ça a provoqué une chose simple : les réfugiés sont restés, ils sont venus dans le centre-ville et ont squatté un certain nombre de maisons. Est ce que c'est ce qu'on veut aujourd'hui ?"