Réforme des peines : les syndicats de magistrats "consternés"

  • A
  • A
Réforme des peines : les syndicats de magistrats "consternés"
@ DENIS CHARLET / AFP
Partagez sur :

Le syndicat majoritaire, l'Union syndicale des magistrats (USM), se dit "consterné" et déplore des "inepties" de la part d'Emmanuel Macron, qui a annoncé mardi une réforme pénitentiaire. 

Les syndicats de magistrats ont vivement critiqué mercredi la réforme du système des peines de prison annoncée la veille par le président Emmanuel Macron, accusé d'avoir dit des "inepties" et des "contre-vérités". Le syndicat majoritaire, l'Union syndicale des magistrats (USM), se dit "consterné" et déplore des "inepties".

Il critique "une méconnaissance inquiétante des dispositions actuellement applicables en matière de prononcé et d'exécution des peines" et "un profond mépris pour le travail" des professionnels.

"Non, les aménagements de peine ne sont pas automatiques". "Non, les aménagements de peine ne sont pas automatiques" pour les condamnations inférieures à un an, écrit le syndicat dans un communiqué. "10.000 détenus purgent actuellement des peines de moins d'un an", précise l'USM. Le président a affirmé mardi que "l'aménagement systématique des peines" serait transformé.

"Pour les peines inférieures à un an, nous mettrons un terme à l'automaticité", a-t-il dit. Actuellement, tout primo-délinquant condamné à une peine inférieure ou égale à deux ans a la possibilité de demander un aménagement de cette peine.

Le "renoncement" de Macron sur la construction de places de prison. Le président a annoncé le recrutement de 1.500 conseillers d'insertion et de probation, mais ces nouveaux postes sont évoqués depuis 2014, selon le syndicat. L'USM déplore "le renoncement" d'Emmanuel Macron "à sa promesse de construire 15.000 places de prison".

Seulement 7.000 places seront construites pendant le quinquennat, a reconnu le président. "Il y a des objectifs louables, comme réduire la surpopulation carcérale et élargir les peines en milieu ouvert, mais sans effectifs suffisants, cela restera de la communication", ajoute Céline Parisot.