Redoine Faïd, braqueur de renom, jugé aux assises de Douai

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Redoine Faïd, braqueur de renom, jugé aux assises de Douai
Entre le 13 avril et le 29 mai 2013, date de son arrestation dans un hôtel de Seine-et-Marne, Faïd aura été l'homme le plus recherché de France.@ BENOIT PEYRUCQ / AFP
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Les assises du Nord à Douai se penchent à partir de lundi sur la spectaculaire évasion du braqueur Redoine Faïd de la maison d'arrêt de Sequedin, le 13 avril 2013.

Il y a quatre ans, un braqueur de renom, Redoine Faïd, s'était fait la belle à l'explosif de la prison de Sequedin dans le Nord avant d'être arrêté après un mois et demi de traque. Le procès de cette folle évasion et de la cavale démarre lundi à Douai. Redoine Faïd est jugé avec ses complices. 

Un homme charismatique. Celui qui a été un temps l'homme le plus recherché de France est charismatique, avec de la gouaille, teintée de l'accent des cités de Creil, dans l'Oise, où il a grandi. A 30 ans, en 2002, il comparaît pour son premier gros coup : l'attaque d'un fourgon, à Villepinte inspiré de son film culte : Heat, avec Robert de Niro qu'il raconte être allé voir sept fois au cinéma. Il passera onze ans derrière les barreaux et publiera à la sortie une autobiographie.

"Shooté à l'adrénaline". Redoine Faïd jure alors s'être rangé. "J'étais shooté à l'adrénaline. Vous êtes à cinq-six, en commando, il y a toute une logistique que vous préparez pendant trois mois", raconte-t-il sur Europe 1 en 2010. "Vous êtes conditionnés, il y a une peur, une angoisse, il y a un stress. Vous prenez des mauvaises habitudes. Vous entrez dans un monde qui ne va pas vous lâcher".

Une attaque de fourgon. Mais le démon est trop fort. Redoine Faïd rechute. Il est soupçonné d'une attaque de fourgon à 2 millions d'euros et d'une tentative qui coûte la vie à une jeune policière municipale, Aurélie Fouquet. 

"C'est Faïd, il a une arme". Mais c'est de retour en prison qu'il va signer, sans doute, son plus grand fait d'arme en solo : une évasion hallucinante. Avec des pains d'explosifs, il fait sauter une à une les portes blindées de la prison de Sequedin. "Il y a une alarme, je me rends au parloir et de là, la cheffe annonce que c'est une prise d'otages. C'est Faïd, il a une arme", se souvient Miguel, l'un des quatre membres du personnel pénitentiaire de la prison pris en otage par Redoine Faïd. "J'arrive en premier sur les lieux. Je finis par être otage, de là il fait sauter plusieurs portes. Une fois dehors, on longe le mirador et là il me dit : 'tu viens dans la voiture avec moi'. Je me suis dit 'qu'est ce qui va m'arriver, on ne sait pas sa réaction'. Mais j'ai eu de la chance qu'il me lâche sur l'autoroute assez vite. "

46 jours de cavale. Redoine Faïd devient alors l'ennemi public numéro 1. Après 46 jours de cavale, il sera finalement arrêté avec perruque et fausse barbe dans la petite chambre d'un hôtel près d'une zone commerciale.