Quand l'école privée innove en pleine banlieue

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Quand l'école privée innove en pleine banlieue
Le cours Dumas met l'accent sur les activités physiques.@ Capture d'écran Youtube
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EDUCATION - L’association "Espérance Banlieue" a créé une école en marge du système à Montfermeil, en plein quartier défavorisé.

Nouveau modèle pédagogique. C’est une école privée pas comme les autres qui a ouvert ses portes à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Les cours se déroulent dans des préfabriqués, la cour aussi a une allure spartiate… il faut dire qu’avec 75 euros mensuels de frais de scolarité, le budget du cours Alexandre Dumas est serré en comparaison avec la moyenne des écoles privées. En revanche, dans les classes les effectifs sont réduits, et la pédagogie des professeurs surprend agréablement les élèves. Myriam, élève de 6ème, se réjouit que ses enseignants soient attentifs avant tout à son évolution : "Ils ne vont pas dire t’as eu 8 c’est pas bien. Ils vont te dire t’as eu 4 avant là t’as eu 8, c’est bien. En fait, ils regardent d’où tu viens, de combien tu t’améliores."

"Les enfants prennent conscience de la valeur des choses". Une pédagogie singulière, mâtinée de scoutisme, de méthodes alternatives, qui instaure également le vouvoiement et le port de l’uniforme. Dans les enseignements, l’école fait la part belle aux travaux manuels. Un moyen d’éduquer au bien commun et au travail de groupe selon Nils Villemin, enseignant dans l’établissement : "après le déjeuner, pendant une demi heure les enfants rendent un service par équipe, ils nettoient la cour de récréation, les salles, ils nettoient aussi les vitres, l’école se transforme en fourmilière géante et c’est génial parce que les enfants prennent conscience de la valeur des choses. On fait attention à un tableau, à une table, tout ça a de la valeur."

>> Une vidéo de présentation du cours Alexandre Dumas

Une valeur qui ne cesse de grimper. Grâce aux dons d’entreprises privées comme Google ou Bouygues et au succès de sa formule, l’école s’est largement développée, passant de 6 à 140 élèves en deux ans. A tel point qu’aujourd’hui, le cours Alexandre Dumas connaît sa première crise de croissance : il ne peut plus accueillir d’élèves supplémentaires.  Pour continuer à attirer de nouveaux enfants, il compte désormais sur un coup de pouce de l’Etat.

Une deuxième école en projet. La fondation espérance Banlieues espère bien en tout cas généraliser cette expérience éducative, qu’elle espère voir devenir une alternative crédible pour sortir de la crise de l’éducation. Le premier argument avancé pour promouvoir ce nouveau modèle est d’ordre financier : un élève à Alexandre Dumas coûte 3658 euros par an, contre 5.730 dans le primaire public, et 9.670 dans un collège public. Une deuxième école labellisée devrait ouvrir prochainement ses portes, à Marseille cette fois-ci. 

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