Qualité de l'air : la Cour des comptes déplore des politiques encore incohérentes

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Qualité de l'air : la Cour des comptes déplore des politiques encore incohérentes
le rapport recommande aussi de taxer gazole et essence en fonction de leurs impacts en matière de pollution.@ AFP
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Le rapport de la Cour des comptes publié jeudi recommande notamment de mieux appliquer le principe "pollueur-payeur".

Le constat est sans appel. Les politiques de lutte contre la pollution de l'air en France sont encore trop incohérentes, pointe un rapport publié jeudi de la Cour des comptes, qui recommande de mieux appliquer le principe "pollueur-payeur".

Des quantités de lacunes. Le rapport souligne "l'absence parfois constatée de cohérence entre les actions entreprises au niveau local -- qui est le niveau le plus pertinent pour agir -- et les mesures prises nationalement". Il pointe aussi "l'absence de continuité dans les plans mis en oeuvre, ainsi que le manque d'évaluation des actions et de suivi des données financières".

Ces absences "montrent que cette politique n'est pas encore une priorité nationale, sauf en cas de pics de pollution", affirme le texte. La Cour, qui recommande au gouvernement de mieux mettre en cohérence les actions aux différents échelons, a produit ce bilan à la demande du comité d'évaluation des politiques publiques de l'Assemblée nationale. "Quelques principes simples pourraient guider l'action de l'Etat et des collectivités : impliquer tous les secteurs émetteurs de pollution en leur appliquant le plus possible le principe pollueur-payeur", et pas seulement à l'industrie et la production d'énergie, ajoute la Cour.

Taxer gazole et essence selon leurs impacts. Le rapport préconise par ailleurs, "compte tenu de la disparition de l'écotaxe (fin 2014, ndlr), de revoir les taux de la taxe spéciale sur certains véhicules routiers, afin de mieux prendre en compte l'impact des émissions des poids lourds". Les secteurs résidentiel, tertiaire et agricole restent peu concernés par les mesures de réduction des émissions, regrette la Cour : "pour être efficace, la lutte contre la pollution de l'air passe par une implication beaucoup plus forte de tous les agents économiques, y compris les particuliers".

Parmi ses recommandations, le rapport recommande aussi de taxer gazole et essence en fonction de leurs impacts en matière de pollution, "afin de rééquilibrer la fiscalité pesant sur ces deux carburants". Si les émissions de la plupart des polluants réglementés en France ont diminué au cours des 20 dernières années, il reste en particulier des zones où les concentrations (ozone, particules fines, dioxyde d'azote) demeurent élevées, rappelle la Cour des comptes.

"La France dispose d'un bon réseau de surveillance de la qualité de l'air", ajoute-t-elle, recommandant de rendre obligatoire la surveillance de la présence dans l'air des pesticides les plus nocifs.