Procès de l'abattoir du Vigan : un an après la vidéo, y a-t-il des changements de pratiques ?

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Les images tournées en caméra cachée avaient choqué et déclenché l'indignation populaire. Un an après certaines mesures ont été prises pour améliorer la situation animale dans les abattoirs.

L'ENQUÊTE DU 8H

Des coups de matraque électrique, des animaux égorgés alors qu'ils sont mal étourdis... Les images tournées en caméra cachée par l'association L214 avaient fait le tour du web un an plus tôt. Le scandale de l'abattoir du Vigan (Gard) arrive devant la justice à Alès jeudi où trois employés comparaissent pour maltraitance animale. Mais les choses ont-elles vraiment évolué depuis cette vidéo ?

Un abattoir toujours en fonctionnement. L'activité de cet abattoir, rapidement suspendue après la diffusion de la vidéo en février dernier, a repris et avec deux des trois employés poursuivis dont l'un pour "actes de cruauté", un professionnel pourtant formé. Comme pour marquer les esprits, les débats vont s'ouvrir sur la diffusion des images tournées dans ce petit abattoir bio.

Conséquence du scandale : une proposition de loi. D'après l'enquête parlementaire menée par le député Olivier Fallorni, 80% des abattoirs ne sont toujours pas conformes. Une proposition de loi a donc été rédigée dont la mesure principale est l'installation obligatoire de caméras. "Pour le moment, il n'y a rien, absolument rien. Avec ces caméras, il faut encore que ça passe par le Sénat et on n'est même pas encore sûrs que ce soit voté un jour", déplore Sébastien Arsac, de l'association L214. "Il ne faut pas se leurrer, on tue plus d'un milliard d'animaux par an dans les abattoirs en France et on ne peut pas espérer que plus d'un milliard d'animaux soient tués dans le respect de la réglementation jusqu'au bout. Ce sont des bouts de sparadrap sur des hectolitres de sang qui sont versés dans les abattoirs."

Un abattoir modèle. Malgré le scepticisme de certains défenseurs des animaux, les lignes sont en train de bouger. L'abattoir du Vigan veut désormais devenir un modèle en la matière, sur la formation ou encore l'équipement. Une cinquantaine d'éleveurs de la région vont reprendre l'établissement en direct. "Les salariés qui sont restés sur l'abattoir ont vraiment pris conscience de toutes ces choses-là", assure Stéphane Thierry, l'un d'entre eux. "Et aujourd'hui, ils travaillent dans le respect des techniques, des méthodes et aussi des matériaux pour ne pas brusquer l'animal, pour ne pas qu'il ait peur. Sur le matériel, ça va être des rideaux occultants pour que les animaux vivants ne voient pas les animaux morts. À beaucoup de personnes, il a fallu expliquer qu'un animal avait conscience de voir un autre animal mort."

Cette filière, qui a perdu jusqu'à 20% de son chiffre d'affaires, a désormais parfaitement consciente qu'elle a tout intérêt à améliorer la situation animale dans les abattoirs.