Pompiers : "Lorsque le risque émerge, il faut que nous puissions être accompagnés par la police"

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Éric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, s'alarme de la hausse des agressions subies en intervention. Au micro de Bernard Poirette, il évoque les solutions à mettre en œuvre. 

INTERVIEW

Trois semaines après la mort d'un sapeur-pompier, poignardé en pleine intervention dans le Val-de-Marne, les soldats du feu ont tenu cette semaine leur congrès national, à Bourg-en-Bresse, dans l'Ain. Gérard Collomb s'y est rendu samedi matin pour évoquer notamment la question de la sécurité, au cœur des préoccupations des professionnels comme des volontaires.

Des agressions en hausse. "Depuis de nombreuses années, le nombre d'agressions que subissent les sapeurs-pompiers augmente. Des agressions verbales, mais surtout des agressions physiques. Nous sommes devant une situation que nous ne cessons de dénoncer", alerte Éric Faure, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, au micro de Bernard Poirette samedi matin.

>> De 6h à 9h le week-end, ce sont trois heures d'info avec Bernard Poirette sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Des violences chez des particuliers. Sur Europe 1, Éric Faure explique que la nature de ces faits de violence a aussi changé. "Les agressions n'ont plus lieu dans des zones dites 'sensibles', mais chez Monsieur et Madame Tout-le-monde. Tout simplement parce que nous intervenons de plus en plus souvent sur des missions de secours d'urgence aux personnes, et en particulier vers des détresses sociales, psychologiques voire psychiatriques", explique-t-il. Aujourd'hui, 84% des interventions de pompiers sont des aides à la personne. Il y a 20 ans, c'était 54%.

Une escorte policière souhaitée. Dès lors, Éric Faure espère que des mesures seront prises rapidement par le ministre de l'Intérieur. Et il a déjà plusieurs idées en tête. "Il faut absolument que lorsque nous recevons l'appel d'urgence, nous ayons la capacité de détecter des 'signaux faibles'. Lorsque le risque émerge, il faut que nous puissions être accompagnés par les forces de police et de gendarmerie.

Anticiper les situations à potentiel violent. Mais comment identifier ces "signaux faibles" chez la personne appelant le 18 ? "Tout simplement quand on nous dit que la personne est agitée, lorsque l'on comprend que c'est une personne sous traitement médicamenteux. En travaillant avec les autres partenaires, la police, les médecins, on peut très bien définir ce que nous appelons des 'arbres décisionnels', qui sont des outils de questionnement. On va pouvoir ainsi commencer à se protéger", précise Éric Faure.

Les pompiers doivent être mieux formés. Mieux protéger les pompiers passe aussi par une meilleure formation. "Au-delà de l'appel, en arrivant sur les lieux, les sapeurs-pompiers doivent pouvoir mieux appréhender une situation. Tout d'abord, en détectant l'état de la personne, en se rendant compte que son agitation n'est pas une agitation d'énervement mais de maladie, de situation de crise. Ainsi, on peut demander très vite la police", illustre le professionnel. 

Pas question pour Éric Faure de vouloir solliciter pour autant en permanence ses collègues policiers et gendarmes, déjà débordés. "Nous savons qu'ils sont aussi sur tous les fronts. C'est pour cela que nous ne demandons pas qu'ils viennent systématiquement."