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C.L.
Jérôme Nobecourt, délégué pénitentiaire Force Ouvrière de la maison d'arrêt d'Osny, n'est pas vraiment convaincu par les mesures annoncées par le ministre de la Justice.
INTERVIEW

Le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a présenté dans les colonnes du Journal du Dimancheson plan pour sécuriser les unités de déradicalisation des prisons françaises : changements de cellule réguliers, limitation des effets personnels et de la possibilité de d'acheter des produits de confort (cigarettes, musique), restriction de l'accès à l'information extérieure et fouilles au corps systématiques.

Ces conditions de détention durcies seront expérimentées dès lundi dans cinq sites pilotes, notamment à la maison d'arrêt d'Osny, où deux surveillants ont été agressés par un fanatique dimanche dernier. Mais Jérôme Nobecourt, délégué pénitentiaire Force Ouvrière de la prison en question, n'est pas vraiment convaincu par les mesures annoncées par le ministre de la Justice.

Manque de personnel. "C'est toujours la même chose, des effets d'annonce, a-t-il déclaré au micro d'Europe 1. Même si certains points nous rassurent, notamment en ce qui concerne les fouilles plus nombreuses, plus fréquentes et les changements de cellule. Le problème c'est que ces modalités sont déjà en vigueur mais ne sont pas appliquées dans les quartiers dédiés, faute de moyens et de personnel et à cause de la surpopulation pénale. Et vous ne pouvez pas faire d'expérimentations dans un établissement déjà surchargé et qui souffre d'un personnel en sous-effectif".

Quant à l'annonce faite par Manuel Valls ce matin dans Le Grand rendez-vous d'Europe 1, de la création de 10.000 places de prison supplémentaires dans les prochaines années, elle est plutôt bien accueillie par Jérôme Nobecourt. Mais le syndicaliste regrette l'échéance avancée par le Premier Ministre : dix ans "c'est beaucoup trop long", selon lui.