Pascal Canfin : "Ce que Donald Trump défait, un autre président peut le refaire"

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Le directeur général de WWF France ne s'inquiète pas outre mesure de la probable sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris. Il considère Trump comme isolé au sein de la communauté internationale, comme aux Etats-Unis.

INTERVIEW

Pascal Canfin surveille les tweets de Donald Trump, qui indiquera ce jeudi (à 21h en France) s'il enterra ou non l'accord de Paris. Le directeur général de WWF France s'y attend même. "Si Donald Trump annonce ce qui est attendu, c'est-à-dire la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris, c'est évidement une mauvaise nouvelle, mais il faut la relativiser", a-t-il indiqué alors qu'il était invité dans la matinale d'Europe 1, jeudi.

Reculer pour mieux sauter ? Une grande raison permet à Pascal Canfin de ne pas tomber dans l'inquiétude. "Donald Trump sera président jusqu'à une certaine date", dit-il avec un grand sourire, "et l'accord de Paris entre en vigueur en 2020. Ce que Donald Trump défait, un autre président peut le refaire." Comme aucune mesure concrète ne devait entrer en application avant cette date, le directeur de WWF France souligne le fait que le temps ne sera pas perdu. "Je ne pense pas que Donald Trump puisse avoir la peau de l'accord de Paris", résume-t-il, en s'appuyant sur l'idée qu"au sein même de son gouvernement, de sa majorité parlementaire et encore plus au sein de la communauté des entreprises américaines", cette décision va être "extrêmement controversée".

Diversité. L'accord de Paris est  présenté par Pascal Canfin comme un atout économique. "La progression de l'emploi dans les énergies renouvelables aux Etats-Unis, c'est 12 fois le taux de croissance de l'emploi aux Etats-Unis. C'est une locomotive exceptionnelle." Refuser l'accord "est une erreur et c'est perçu comme une erreur par le monde économique américain", souligne encore Pascal Canfin qui appuie son discours par l'exemple : les actionnaires du groupe pétrolier américain Exxon ont imposé à leur direction d'être transparente sur les rejets de CO2. "Le train est parti. C'est pour cela qu'il faut relativiser. Les Etats-Unis, c'est très divers entre le Texas qui vit du pétrole et la Californie qui invente l'économie de demain. Les intérêts ne sont pas forcément les mêmes. Le maire de New York a dit que si Trump sortait de l'accord de Paris, la ville de New York tiendrait les engagements et je suis prêt à parier que demain, la Californie et d'autres Etats, feront la même chose."

Accélérer. Malgré le fait de relativiser, il y a néanmoins urgence. Le réchauffement pourrait faire grimper les températures de 7 à 8 d'ici 2100 d'après une étude de Nature si on reste sur les mêmes niveaux de gaz à effet de serre qu'aujourd'hui. "Il ne faut pas franchir le point au-delà duquel tous les écosystèmes s'emballent, au-delà duquel notre capacité à vivre à 6 milliards, 9 milliards demain est en jeu." Néanmoins, une bonne nouvelle : les émissions de gaz à effet de serre mondiales sont arrivées à un point de stagnation. "On est enfin en train de passer de l'autre côté de la courbe. Par contre, on ne va pas assez vite. Il faut accélérer, et c'est aussi ce qui est attendu d'Emmanuel Macron", conclut Pascal Canfin.