Opération mortelle de la prostate : l'Ordre des médecins suspend le chirurgien

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Opération mortelle de la prostate : l'Ordre des médecins suspend le chirurgien
@ JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Une interdiction d'exercer la médecine durant six mois, dont quatre mois ferme, a été prononcée à l'encontre de l'urologue de Bourges. 

L'Ordre des médecins de la région Centre a interdit d'exercice durant quatre mois un chirurgien urologue de Bourges dont un patient était décédé en janvier dernier lors d'une intervention bénigne à la prostate et décrite par des témoins comme une "boucherie", a-t-on appris mardi auprès de l'Agence régionale de santé.

Un patient "en pleine forme". La chambre disciplinaire de l'Ordre régional des médecins, instance présidée par un magistrat, a prononcé à l'encontre du praticien une interdiction d'exercer la médecine durant six mois, dont quatre mois ferme. Si le chirurgien n'opérait plus, il continuait de consulter. Une information judiciaire pour homicide involontaire a été ouverte le 31 mai par le procureur de la République de Bourges (Cher) après le décès du patient, Henri Latour, un retraité âgé de 60 ans, "en pleine forme", selon sa fille Emilie Latour. "Il faut savoir si ce décès est consécutif à un aléa thérapeutique difficilement maîtrisable ou s'il y a eu une faute pénale", avait souligné le procureur de la République de Bourges, Vincent Bonnefoy.

"Une véritable boucherie". Henri Latour était décédé après une importante hémorragie. Selon le rapport de l'anesthésiste adressé à la direction, le jour de l'opération, le chirurgien était entré au bloc "agité, en colère". Il avait procédé à l'intervention pour enlever un nodule à la prostate en effectuant des gestes "violents", qui avaient fini par percer la vessie selon l'anesthésiste, avec des pertes de sang "effroyables". L'anesthésiste et des membres de l'équipe médicale s'étaient réunis après l'intervention et avaient estimé que "cette intervention était une véritable boucherie indigne de n'importe quel bloc opératoire", est-il écrit dans le rapport. L'avocate de l'urologue, Me Amélie Chiffert, n'a pas pu être jointe mardi.