Notre-Dame-des-Landes : les expulsions ont repris jeudi matin dans la ZAD

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Les forces de l'ordre ont entamé jeudi matin, à 6 heures, la deuxième opération d'expulsion des squats occupés par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes s'apprête une nouvelle fois à vivre une journée de tensions. Une deuxième opération d'expulsion visant une dizaine de "squats", lieux de vie des zadistes, a été lancée jeudi à 6 heures par les forces de l'ordre.

Quatre à six lieux visés. Le dispositif des forces de l'ordre est presque identique à celui déployé il y a un mois : 19 escadrons de gendarmes mobiles, soit près de 2.000 militaires mobilisés, des véhicules blindés, et un hélicoptère qui survole la zone. Interrogé par Europe 1, le général d'armée Richard Lizurey, patron de la gendarmerie nationale, explique que l'objectif du jour se concentre sur quatre à six lieux, situés près de la forêt de Rohan, un endroit emblématique : c'est ici que l'opération César avait échoué en 2012, face à la détermination des zadistes. Au total, une dizaine de lieux vont être évacués durant l'opération, qui va durer quelques jours mais sera allégée pour le week-end.

Des occupants illégaux. Aucun des occupants n'a déposé de dossier de régularisation. "Nous prévenons les personnes en cours de régularisation qu'elles ne sont pas concernées par la manœuvre", a précisé le général Lizurey. Il s'agit donc d'expulser ces endroits considérés comme illégaux. Les déménageurs vont d'abord intervenir, puis les cabanes vont être détruites. Parmi les lieux de vie ciblés, le général Lizurey a notamment montré sur une carte les sites du "Chat Teigne", "Plui Plui", "la Vosgerie" et "la Lande de Rohane", tous situés à l'ouest de la D81. 

Le risque d'affrontements. Mais déjà, tôt jeudi matin, des tirs de grenades lacrymogènes ont été entendus près de la forêt. Les forces de l'ordre estiment qu'une centaine de personnes sont actuellement en action face à eux. Plusieurs barricades ont été érigées sur la départementale 81. Elles sont gardées par des activistes très agressifs, prêts à en découdre : tout est fait pour ralentir l'avancée des gendarmes. Mais malgré les barricades, les camions en feu et les tranchées creusées ces dernières heures, les zadistes n'arrivent pas à repousser l'avancée des gendarmes. Ils se tiennent à bonne distance des forces de l'ordre avec d'immenses frondes et des cocktails Molotov prêts à servir. 

Un dialogue tendu. Et lorsque un discours s'installe brièvement, il révèle la tension de la situation : "l'objectif pour nous c'est que les choses se passent bien, on n'est pas là pour vous agresser. Si tout se passe bien, on repartira très rapidement", explique à une zadiste le général Lizurey. Mais l'activiste répond et s'énerve : "Vous avez vécu la dernière expulsion ? Vous avez trouvé que ça c'est bien passé ?", demande-t-elle. "Il n'y a pas eu une pierre, pas un cocktail [Molotov, ndlr], que des gens comme moi". "On était coude-à-coude en train de se faire gazer, massacrés, et vous trouvez que ça c'est bien passé ?", s'emporte la zadiste.  

Une première série d'évacuations sur le site initialement prévu pour un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, auquel le gouvernement avait annoncé renoncer en janvier, avait été lancée le 9 avril dernier.