Mort de Clément Méric : trois skinheads jugés aux assises en septembre

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Mort de Clément Méric : trois skinheads jugés aux assises en septembre
Trois suspects vont comparaître en septembre prochain pour la mort en 2013 du militant antifasciste Clément Méric (image d'archives de 2013).@ PASCAL PAVANI / AFP
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Les deux principaux suspects seront jugés pour "violences en réunion" et avec arme "ayant entraîné la mort sans intention de la donner" tandis qu'un troisième homme comparaîtra pour "violences" en septembre prochain.

Trois skinheads seront jugés du 4 au 14 septembre par la cour d'assises de Paris pour la mort en 2013 du militant antifasciste Clément Méric, lors d'une rixe dans le centre de la capitale.

Trois suspects. Les deux principaux suspects, Esteban Morillo et Samuel Dufour, comparaitront pour "violence commise en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "violence avec usage ou menace d'une arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Le troisième accusé, Alexandre Eyraud, sera jugé pour "violence" suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours.

Une violente altercation. Clément Méric, étudiant à Sciences Po de 18 ans, a été tué le 5 juin 2013 dans le centre de Paris lors d'une brève et violente bagarre opposant des "skinheads" et des "antifas" qui s'étaient rencontrés par hasard. Sa mort avait causé une forte émotion, conduisant le gouvernement à dissoudre plusieurs groupuscules d'extrême droite. Clément Méric reste, 5 ans après sa disparition, une icône pour les militants antifascistes, qui défilent chaque année début juin pour commémorer sa disparition. Ils étaient ainsi près d'un millier samedi dernier à Paris.

La juge d'instruction a conclu en mars 2017 à une bagarre qui a tourné au drame, "à l'occasion d'une rencontre fortuite" des deux groupes rivaux, dans une vente privée de vêtements, selon son ordonnance de mise en accusation. Au cours de l'enquête, chaque camp a accusé l'autre de provocations.

Jusqu'à 20 ans de prison. En décembre, la cour d'appel de Paris a rejeté le recours d'Esteban Morillo qui contestait l'utilisation d'un poing américain dans cette bagarre. Dès sa garde à vue, il avait affirmé avoir frappé Clément Méric au visage par deux fois et à mains nues, dans un réflexe de défense. D'autres témoins ont néanmoins déclaré avoir vu cette arme. Les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sont punies de vingt ans de réclusion criminelle lorsqu'elles sont commises avec une ou plusieurs circonstances aggravantes.